Café littéraire – Charlemagne Hyères – 10h30
>> Hyères
Le temps d’un été, un homme, appareil Rolleiflex à la main, quitte New-York en quête d’une femme aimée vivant sur les rives du lac Michigan. Vingt-quatre chapitres comme autant de paysages d’une Amérique contemporaine inattendue.
Vingt-quatre plans séquences montés comme pourrait l’être un film, avec au générique : l’Amérique, Marianne, le narrateur; et un scénario limpide : à dix années de distance de leur été américain, guidé par le souvenir de cet amour lointain, le narrateur arpente le nord des États-Unis, de New-York à Chicago – Pennsylvanie, Ohio, Michigan – en vingt-quatre chapitres, qui sont autant de paysages d’une Amérique contemporaine et bien souvent délaissée.
C’est l’Amérique des bords de route, des bords de lacs, des motels en périphérie des villes, des bourgades inconnues de l’Ohio aux abords de Cleveland, ou aux impasses de Detroit. Ce sont les dunes à Saugatuck ou les forêts de chênes blancs de Geneva, les îles du lac Erié ou les stations balnéaires du lac Michigan. Ce sont les noms désuets des motels, des vieux cinémas de quartier et des diners; des litres de café et des quantités de pancakes. Mais c’est surtout un goût inextinguible pour “les espaces ignorés et promis à la disparition”. Le long des routes, des rivières, de lac en lac, le narrateur nourrit sa mélancolie, et dans ce lent travelling arrière, son vague à l’âme devient un peu le nôtre, cette désorientation intime qui émane de ces “parenthèses de repos”, de ces “fictions immobiles”, nous gagne en douceur.
Nous voilà embarqués dans les “voyages dérivants”, les mélancolies voyageuses de Sébastien Berlendis, dans l’éclat de ses phrases simples, pour dire les détours sans incident, les souvenirs qui resurgissent de recoins oubliés. Et la véritable complexité de nos attachements à un lieu, à un être.