Alix Ferraris – Développer la création sur le territoire.

Festival du film documentaire du Var, du 9 au 13 février à Carqueiranne, Toulon et Le Pradet

À travers une programmation engagée, ancrée dans l’actualité et le territoire, cette nouvelle édition du Festival du Film Documentaire du Var met en lumière les liens entre culture, ruralité, et transmission. Alix Ferraris, son directeur, revient sur les choix artistiques et les enjeux de ce rendez-vous.

Alix, tu as choisi des thématiques très actuelles, autour de la culture et de la ruralité. Qu’est-ce qui t’intéressait dans ces sujets ?
La culture et la ruralité sont profondément liées. Notre objectif est de mettre en avant l’action culturelle de proximité, le lien à la terre, à l’agriculture, mais aussi à la mer, qui nous touche particulièrement dans le Var. Nous souhaitions valoriser les initiatives locales et les acteurs du territoire qui œuvrent à la préservation de notre patrimoine culturel et naturel. Nous questionnons aussi les notions de transmission et de formation, des enjeux essentiels en lien avec la culture.

Pourquoi avoir choisi le film documentaire comme forme centrale du festival ?
C’est un format parfois oublié dans les salles de cinéma, alors qu’il est très présent à la télévision et sur internet. Mais notre intérêt est justement de proposer ces films sur grand écran. Le documentaire est un cinéma à part entière et il gagne une vraie puissance lorsqu’il est projeté en salle. Le festival favorise aussi la rencontre : les réalisateurs étant présents, les discussions font partie intégrante de l’expérience. Nous nous intéressons à la création sur le territoire, avec la volonté de développer et de valoriser le Var.

La programmation met justement en avant de nombreux réalisateurs fortement ancrés dans le territoire varois. Peux-tu nous en parler ?
Oui, c’était un choix important. Nous aurons deux documentaires qui parlent directement de la culture dans le Var. Rudy Sanna, étudiant en production audiovisuelle, a réalisé un film sur les deux mois du Festival de la Lune, festival de cinéma que je dirige également, dans le cadre de son stage. Nous projetons également un documentaire produit par Charles Berling et réalisé par Vincent Bérenger, directeur de la Septième Scène de Châteauvallon-Liberté. Le film aborde les soixante ans de Châteauvallon et l’accès à la culture et le travail mené auprès des jeunes publics.
Jean-Marc Cazenave et Marie-Anne Sorba, producteurs pradétans, que nous avions déjà accueillis pour « Mineurs de Provence », reviennent avec « Paysans en voie d’extinction ? », un documentaire fort sur le monde agricole. Nous avons fait le lien avec un autre film consacré à la préservation des oursins, « L’oursin, un diamant si fragile », un sujet peu traité alors qu’il est très présent dans nos pratiques culinaires. Ce documentaire, réalisé par Caroline et Jérôme Espla, originaires de Cannes, se déroule notamment à Fréjus et Saint-Raphaël.
Nous accueillons aussi Guillaume Levil, un réalisateur du territoire. Son film, « Je t’écris », projeté à la médiathèque de Toulon, aborde l’écriture et la transmission. Suite à une opération, il souhaite écrire une lettre à une ancienne compagne et demande à des élèves de l’aider à formuler ses mots. Nous terminons le festival par une avant-première, au Pradet, avec le film « Rural » d’Édouard Bergeon, réalisateur désormais bien connu. Après un film de fiction avec Alexandra Lamy sur l’huile de palme, il revient avec un documentaire consacré au monde agricole, sujet qui le touche personnellement puisque son père était agriculteur.
Côté transmission toujours, nous organisons une journée étudiante en partenariat avec l’Université de Toulon, consacrée à la diffusion de documentaires réalisés par les étudiants. C’est essentiel pour nous de soutenir les jeunes talents et de valoriser les métiers du cinéma.

Fabrice Lo Piccolo