Astrid Veillon – parle sans tabou, mais avec humour.
« Et si on en parlait », le 26 avril au Théâtre Galli à Sanary
Avec “Et si on en parlait ?“, Astrid Veillon signe une comédie sincère et percutante sur les questionnements de la cinquantaine, le couple et l’amitié. Avec sa double casquette d’autrice et de comédienne, elle nous parle de son inspiration, de l’accueil du public et de son envie d’ouvrir le débat sur des sujets parfois tabous, mais toujours avec humour.
« Et si on en parlait ? » aborde des thèmes universels comme le vieillissement, le couple et l’amitié. Qu’est-ce qui vous a inspirée pour l’écriture cette pièce ?
La première inspiration, c’est moi et les femmes qui m’entourent. Aujourd’hui, on parle beaucoup des cinquantenaires, de leurs défis, de leur place dans la société. Je n’ai rien inventé, je me suis nourrie de ce que j’entendais autour de moi, des problématiques de mes amies. Ces moments charnières de la vie, notamment les remises en question, méritaient d’être racontés sur scène avec sincérité et humour.
Jouer dans une pièce que l’on a écrite soi-même est un exercice particulier. Comment vivez-vous cette double casquette d’autrice et de comédienne ?
Plutôt bien, même si c’est une double pression ! En tant que comédienne, je dois porter le rôle, mais en tant qu’autrice, j’ai aussi la responsabilité de savoir si le texte plaît, s’il résonne auprès du public. C’est un peu stressant, mais aussi très confortable, car je connais le texte par cœur, ce qui me donne plus de liberté dans le jeu. Finalement, c’est une lourde responsabilité, mais voir que la pièce rencontre son public, c’est une immense satisfaction.
Avec tout ce qui se passe autour de la place des femmes aujourd’hui, en quoi votre pièce apporte-t-elle un éclairage nouveau sur ces enjeux ?
Je ne sais pas si elle apporte un éclairage nouveau, mais elle ouvre le débat. On parle de l’usure du couple, du désir qui évolue, de sujets parfois tabous. Aujourd’hui, on vit dans une société où le dialogue est parfois difficile, où l’on doit choisir un camp. Moi, j’avais envie de montrer qu’on peut être en désaccord et s’aimer quand même. C’est aussi une façon de dire aux femmes : « Vous n’êtes pas seules ». Peu importe le milieu social ou le parcours, nous vivons toutes les mêmes questionnements à certains moments de notre vie. Et c’est ce que les spectatrices nous disent après la pièce : un sentiment de soulagement, comme si elles se sentaient comprises.
Vous avez une carrière riche entre télévision, théâtre et écriture. Quel aspect de votre métier vous procure le plus de satisfaction aujourd’hui ?
Tout est complémentaire. Ce sont des cycles. Après sept ans sur “Tandem“, j’avais envie de retrouver la scène. Je ne fonctionne pas avec des préférences, mais avec des envies du moment. J’ai aussi découvert la réalisation avec le dernier épisode de “Tandem“, une expérience incroyable. Tant que je me sens nourrie par ce que je fais, j’avance. Mais dès que l’ennui pointe le bout de son nez, j’ai besoin de passer à autre chose et d’explorer de nouveaux territoires.
Si vous deviez résumer la pièce en une phrase, que diriez-vous pour donner envie aux gens de venir la voir ?
Déjà, j’insiste : les hommes sont les bienvenus ! Ce n’est pas une pièce féministe mais féminine. Beaucoup d’hommes viennent nous voir et nous remercient d’avoir appris des choses sur les femmes en riant. Alors si je devais résumer en une phrase, je dirais : « Venez partager une soirée de rires, d’émotions et d’échanges, sans tabou mais avec beaucoup de complicité ! »
Emma Godest