Terry Sartre – Le goût du terroir, la passion de la culture
Depuis 1987, Azur Olives perpétue un savoir-faire artisanal entre son usine d’Ollioules et son magasin de La Garde. Terry Sartre, gérant passionné et sportif, y cultive l’excellence du produit local. Aujourd’hui mécène de Cité des arts, il s’engage pour une culture vivante et accessible à toutes les générations.
Terry, vous avez rejoint l’entreprise de votre père il y a quinze ans. Quel regard portez-vous sur cette aventure familiale ?
C’est une fierté immense. Mon père m’a tout transmis, lui qui a commencé tout petit sur les marchés. Nous avons franchi une étape majeure en 2006 en rachetant notre fournisseur. Aujourd’hui, nous transformons entre quatre et cinq tonnes d’olives par jour. Ce qui nous distingue, c’est que nous sommes restés des artisans : tout est fabriqué à la main dans notre usine d’Ollioules. Mon ambition est qu’Azur Olives devienne la marque de référence pour les professionnels comme pour les particuliers qui viennent nous voir à La Garde.
Concrètement, qu’est-ce qui définit la « touche » Azur Olives dans vos produits et votre savoir-faire ?
C’est le mélange entre la tradition artisanale et la sélection rigoureuse. Comme il est impossible de sourcer tout le volume d’olives en France, nous sélectionnons les meilleures en Grèce, en Espagne ou au Maroc. En revanche, pour nos recettes et nos tartinables, nous privilégions les acteurs locaux : nous utilisons des pois chiches de France pour notre houmous ou la célèbre figue de Solliès-Pont pour nos olives noires. C’est ce mariage entre un produit brut de qualité et les saveurs de notre terroir qui fait notre identité.
Qu’est-ce qui a poussé un entrepreneur très ancré dans le « bien-manger » local à devenir mécène de Cité des arts ?
C’est une démarche de réseau et de cohérence. Pour moi, le développement d’un territoire passe par son économie, mais aussi par sa vitalité culturelle. Soutenir le réseau culturel local est tout aussi important que de promouvoir le terroir. Le « bien-manger » et la culture ont un point commun : ils nourrissent l’individu. En tant que grand fan de cinéma et lecteur régulier, je pense que l’art, sous toutes ses formes, est le ciment de notre communauté locale.
Vous accordez une importance particulière à l’apprentissage continu. En quoi cela influence-t-il votre vision de la culture ?
J’ai la conviction qu’on apprend toute sa vie ; je prends d’ailleurs des cours d’anglais à l’université en ce moment pour continuer à progresser. La culture ne doit pas être un domaine réservé aux plus âgés. Elle appartient aux jeunes. Mon but est de montrer que la transmission est essentielle : elle nous permet de rester curieux et d’évoluer, quel que soit notre âge.
Vous êtes déjà papa, quelle place accordez-vous à l’éveil artistique au sein de votre foyer avec votre compagne Mélanie ?
C’est primordial. Nos enfants sont encore tout petits, le deuxième arrive d’ailleurs très bientôt et avec Mélanie, nous voulons leur inculquer ces valeurs d’ouverture dès le départ. Il est crucial de développer leur esprit critique très tôt en les menant voir des spectacles ou des expositions adaptés, mais surtout en écoutant leurs ressentis. Même si ce ne sont que des balbutiements ou des émotions simples, il faut les confronter au beau. Mon mécénat pour Cité des arts est aussi un message pour cette nouvelle génération : la culture est un terrain de jeu formidable pour grandir.
Julie Louis Delage