Cavalcanti, Marques, Miranda, DelPenho. – Immortelle samba.

En concert le samedi 26 avril à l’Espace des Arts au Pradet

L’association Sarava reçoit João Cavalcanti, Moyséis Marques, Pedro Miranda et Alfredo DelPenho, quatre chanteurs très appréciés à Rio de Janeiro en tournée en Europe, dans le cadre de la saison culturelle France Brésil organisée par le ministère de la culture au Brésil et en France par SOTAK Musik. Alfredo et Moyséis répondent à nos questions.

Vous menez des carrières solos avec beaucoup de succès, qu’est-ce qui vous a donné envie de créer ce quatuor

Alfredo : Il existe depuis plus de dix ans et naît de nos rencontres durant cette période. Nous étions tous les quatre déjà compositeurs partenaires et avions participé à des projets ou à des groupes ensemble. C’était simplement consolider l’envie d’être davantage ensemble.
Moyséis : La pandémie, nous a offert une possibilité de nous retrouver dans une maison que Pedro Miranda avait louée. Nous avons enregistré dix-huit morceaux plus une version d’ »Alagados », un morceau de rock national, et un morceau de Joyce Moreno composé pour nous.

Vous êtes quatre chanteurs de talent, comment avez-vous harmonisé vos voix pour cet album « Desengaiola » ?

Alfredo : Ce fut très naturel d’harmoniser nos voix car nous faisions cela naturellement depuis de nombreuses années, Moyseis et João faisaient partie du même groupe, Casuarina, j’ai chanté avec Moyseis pendant de nombreuses années dans un bar musical connu à Rio, le Semente. Pedro Miranda et moi faisons également partie du même groupe depuis vingt ans. À cela s’ajoute une autre passion, celle des arrangements vocaux.

Parlez-nous des instruments que vous avez utilisé pour cet album, cavaquinho, percussions, guitare sept cordes etc.

Alfredo : L’album a été enregistré sans overdubs, (le même musicien enregistre plusieurs instruments en prises différentes). Nous jouons de tout en live, et les instruments sont ceux dont nous jouons : guitare sept cordes, guitare acoustique, cavaquinho, percussions et flûte dans deux moments de l’album. Notre façon de jouer provient de notre expérience et de notre interprétation de la samba.
Moyséis : Le processus fut le moment le plus agréable : choisir les chansons, en créer de nouvelles, partager les morceaux et décider qui jouerait quel instrument sur quelle piste. Nous avons aussi invité le talentueux Pedro Luis, un grand auteur-compositeur et ami, à se joindre à nous en tant que producteur artistique. Nous étions en pleine nature, entourés de nos familles, et nous avons dû jouer tous les instruments, car nous ne pouvions pas inviter trop de monde à cause de la pandémie. Je crois sincèrement que notre amitié et notre bonheur transparaissent clairement dans la vidéo, vous verrez à quel point c’est spécial. La lumière est magnifique, le paysage est incroyable, c’est un véritable trésor dont nous sommes très fiers.

Comment se passe un concert de votre quatuor ? Que cherchez-vous à transmettre sur scène ?

Alfredo : Le concert est composé de sambas de l’album et de morceaux qui ont connu du succès dans la carrière individuelle de chacun. Avec le public, nous cherchons à nous connecter par le biais de notre musique et à présenter une image contemporaine, actuelle de la musique brésilienne qui regarde le présent et qui est fondée sur la connaissance de la musique traditionnelle, en particulier la samba.
Moyséis : Alfredo et moi faisons la partie harmonique et Joao et Pedro la partie rythmique, mais c’était la première fois que nous donnions un concert sans groupe pour nous accompagner. J’ai appris à jouer du cavaquinho, Alfredo a joué de la flûte, Pedro Miranda apprenait la guitare à ce moment-là… Nous sommes encore de jeunes musiciens, pleins de soif d’apprendre et de curiosité. Le concert est proche du film réalisé, un vrai moment de joie, de partage et parfois… de blagues un peu douteuses !

Vous êtes des artistes plutôt jeunes, en quoi la samba reste un style de musique actuel ?

Alfredo : La Samba est éternelle parce qu’elle parle de choses universelles et de notre peuple. Son rythme relie chacun de nous à ce que nous sommes, à notre corps et à nos sentiments.
Moyséis : La samba est la musique la plus démocratique du Brésil, l’essence même de l’identité brésilienne. Elle ne mourra jamais, c’est une philosophie, un moyen de survie, une manière d’affronter nos différences et tous les problèmes du Brésil. Il y a déjà une nouvelle génération après nous, de jeunes musiciens désireux d’apprendre la samba. Et ils nous voient comme une référence, tout comme nous avons eu nos propres modèles dans la génération précédente.

Fabrice Lo Piccolo