Choukri Ben Meriem – Légendes et chasse au trésor à La Seyne.

La Seyne Legends – Financement participatif

Avec « La Seyne Legends », le réalisateur seynois Choukri Ben Meriem lance un ambitieux projet de série cinématographique inspirée des légendes locales. Entre fiction, patrimoine et aventure collective, le premier épisode sert aujourd’hui de carte de visite à un projet plus vaste, soutenu par un financement participatif et une forte mobilisation locale.

Quel est votre parcours et votre lien avec le cinéma ?
J’aime le cinéma depuis l’enfance. Intrigué par les cours de théâtre, j’ai commencé à La Seyne, puis dès la deuxième année, en pleine répétition, j’ai ressenti une vraie liberté, et j’ai compris que c’était ce que j’aimais. Je suis ensuite parti à Paris. Être confronté à cette jungle parisienne a été très formateur : on y rencontre des personnes aux parcours différents mais aux mêmes aspirations, on crée des affinités. En parallèle, je me suis intéressé aux courts-métrages, à la technique et à la réalisation. C’est ainsi qu’est née une série de portraits de réalisateurs de courts-métrages, « Film Commencement », près d’une vingtaine. En parallèle, j’ai préparé mon premier court-métrage, « Alike », tourné à Montréal. Depuis 2020, je vis entre Londres et La Seyne, et j’ai poursuivi cette série de portraits à travers le monde. C’est entre ces allers-retours et les confinements qu’est née l’idée de « La Seyne Legends ».

Pourquoi avoir choisi ce sujet de la chasse au trésor et des légendes ?
J’ai découvert une série autour d’une chasse au trésor que j’ai trouvée passionnante. En parallèle, je connaissais la légende des Deux Frères et de la sirène. En faisant des recherches, j’ai découvert qu’il existait en réalité plusieurs légendes, dont une qui évoque une pieuvre qui cacherait un trésor. Le fil rouge de la série est donc une chasse au trésor contemporaine, qui permet d’explorer différentes légendes en cinq épisodes, tous ancrés à La Seyne.

Comment s’est déroulé le tournage ?
Il y a eu un véritable engouement de la part des acteurs, des techniciens et des commerçant seynois. Tout s’est fait sur la base du bénévolat. Nous avons tourné une première journée en juin 2024 sur la plage de La Verne : une sirène blessée retrouvée sur le rivage par deux frères pêcheurs. Les costumes d’époque ont été fabriqués par l’artiste Marie La Galité. Puis nous avons tourné les scènes intérieures et extérieures : au port de Saint-Elme, à Fabrégas, chez les restaurateurs La Vie est une Fête et Chez Daniel et Julia, avec le club de plongée CSMS, à la Villa des Fleurs ou encore avec Les Petits Frères des Pauvres. La Ville de La Seyne-sur-Mer et le Bureau des Tournages TPM nous ont soutenus. Nous avons aussi un peu tourné à Toulon. Au total, cela représente une quinzaine de jours de tournage pour ce premier épisode.

Comment a été accueilli le premier épisode ?
L’avant-première a eu lieu sur la plage des Sablettes. Je voulais le montrer d’abord aux habitants de La Seyne, proposer une immersion, avec Les Deux Frères en toile de fond. Le public est resté, c’est bon signe (rires). Les trois quarts de l’épisode sont en anglais sous-titré, mais c’est justifié par l’histoire car cette chasse au trésor crée un engouement international, c’est un peu une ruée vers l’or à La Seyne. Nous visons le circuit des festivals, notamment ceux sur les séries. Le premier a eu lieu à Londres puis nous avons été projetés à Medseries à Toulon. L’épisode est disponible à l’achat sur une plateforme de streaming indépendante, Gumroad. L’objectif serait de tourner les quatre prochains épisodes en une seule fois. Le budget reposera sur plusieurs sources : subventions, financements privés et une cagnotte en ligne via GoFundMe qui est accessible en ce moment.

Fabrice Lo Piccolo

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