Christian Philibert – Sur les traces des maquisards varois.
Avant-premières de « Maquisards » dans les cinémas varois en avril et mai
Notre cinéaste varois Christian Philibert, renommé pour son film mythique « Les 4 saisons d’Espigoule », signe un nouveau documentaire à l’occasion des quatre-vingts ans du débarquement de Provence : « Maquisards », un long-métrage autour de l’histoire du lieutenant Vallier. Il suit sept jeunes des missions locales qui montent une pièce de théâtre, sous la direction de Philippe Chuyen, inspirée de l’aventure de Vallier. Ce film sera présenté en avant-première dans plusieurs communes du Var en avril et mai.
Pourquoi avoir choisi de raconter l’histoire de Gleb Sivirine, alias le lieutenant Vallier ?
Je connaissais son histoire comme beaucoup de Varois. Mais c’est la lecture du « cahier rouge », le journal que Vallier a tenu pendant six mois dans le maquis, recommandée par Philippe Chuyen et Philippe Natalini, qui m’a convaincu. C’est un témoignage très immersif. On découvre le quotidien de ces jeunes maquisards qui se cachent dans les collines du Var, qu’il faut nourrir, organiser et transformer en soldats en attendant le débarquement. Je voulais m’inscrire dans l’anniversaire des quatre-vingt ans du débarquement, mais sans refaire le même film que celui que j’avais réalisé pour les soixante-dix ans. Raconter l’histoire du point de vue des maquisards m’a paru évident.
Le film adopte une forme originale en suivant des jeunes qui montent une pièce de théâtre sur cette histoire. Pourquoi ce choix ?
J’ai tourné de nombreux documentaires historiques classiques avec interviews et archives, et je voulais sortir de cette forme. Ce qui m’a frappé dans le cahier rouge, c’est la jeunesse des maquisards : la plupart avaient une vingtaine d’années et fuyaient le STO. L’idée a été d’impliquer des jeunes d’aujourd’hui. C’est intéressant d’un point de vue historique, mais aussi pour transmettre cette histoire aux collègiens et lycéens. Avec le metteur en scène Philippe Chyuen, nous avons eu l’idée de monter une pièce sur le maquis Vallier avec des jeunes issus des missions locales. Pendant six mois, ils se sont formés au théâtre, de février à juillet, pendant le même laps de temps que Vallier a formé ses hommes. Le projet a commencé jour pour jour quatre-vingts ans après l’arrivée du lieutenant dans le maquis. La métaphore était belle : lui formait des soldats, nous formions des comédiens. Nous avons alterné résidences de travail et visites sur les lieux historiques dans les traces de Vallier. Et comme à l’époque, l’aventure n’a pas été simple : Vallier attendait des armes et des vivres, nous nous attendions les financements qui tardaient à arriver. Nous avons même failli abandonner, mais finalement, la pièce a connu un vrai succès avec vingt représentations complètes. Cette histoire nous plonge également au cœur de la beauté des paysages varois. Le maquis se déployait dans des lieux souvent isolés : les hauteurs de Mons, les gorges du Verdon, les forêts du Haut-Var, mais aussi les plages du débarquement entre Cavalaire et Saint-Raphaël.
Comment s’est déroulée cette aventure humaine ?
Deux comédiens professionnels, Morgan Defendente, qui incarne le lieutenant Vallier, et Thierry Paul, acteur fidèle de la cie Artscenicum de Philippe Chuyen, ont encadré sept (puis six après le départ de l’un d’eux) jeunes participants : Clément Pons, Sebastian Joa, Lucas Guadouri, Maxime Ragues, Matthieu Begnis, Dylan Petit et Victor Guillen. Au fil des mois, on les voit évoluer et s’approprier leurs personnages. Le fait qu’ils ne soient pas des comédiens professionnels a apporté une authenticité et une profondeur incroyables. Philippe lui-même a été très surpris. Vallier et les maquisards étaient des héros du quotidien. Leur maquis a participé à la libération de villes du département, et donc du pays.
Côté technique, j’ai travaillé avec une équipe fidèle : Bruno Jourdan à la production, Patrick Barra et moi-même au tournage, Franck Littot au montage et Gilbert Kayalik de Massilia Sound System pour la musique.
Où pourra-t-on voir le film ?
La première avant-première publique aura lieu le 9 avril au Pathé La Valette, puis le 25 avril à Barjols, le 29 avril à Bandol, le 30 avril à Lorgues, le 4 mai à Salernes et le 8 mai à Cotignac. D’autres projections sont en préparation, notamment à Montauroux, Saint-Raphaël et Six-Fours. espigoule.com
Fabrice Lo Piccolo