Clélia Morali – L’alegria brasileira à l’honneur au Pradet.
Carnaval Brésil #12 le 28 mars à l’Espace des Arts au Pradet.
Le Carnaval Brésil revient pour une douzième édition à l’Espace des Arts au Pradet, sous l’impulsion de l’association Sarava. Concerts, danses, costumes et participation du public : bien plus qu’une fête, un véritable événement culturel dédié à la diversité des musiques brésiliennes. Rencontre avec Clélia Morali, cofondatrice et âme du projet.
Qu’est-ce qui nourrit ton amour du carnaval et de la musique brésilienne ?
La musique brésilienne, j’ai toujours vécu dedans. J’aime sa convivialité, sa diversité, et surtout ce qu’elle représente pour les gens. Au Brésil, la musique fait partie de la vie quotidienne, de l’identité même du pays. Ma famille est allée au Brésil quand j’étais jeune, et j’y retourne régulièrement. Chaque voyage permet de découvrir de nouveaux courants. La bossa nova, c’est merveilleux, mais aujourd’hui le Brésil, c’est bien plus que ça. Chaque région a sa propre culture musicale : choro, funk, samba, MPB… . Avec l’association Sarava, créée il y a plus de trente ans, notre objectif était de montrer que le Brésil ne se résume pas aux clichés, ni même au carnaval. Au bout d’une vingtaine d’années, avec un public fidèle, on nous a demandé d’organiser un carnaval. On a commencé modestement, à La Valette, avec des musiciens du Sud. Le succès a été immédiat… et on ne s’est plus arrêtés.
Comment concevez-vous ce carnaval ?
Le carnaval n’est pas qu’une fête : au Brésil, c’est un événement culturel majeur. On y rend hommage à des figures artistiques, on aborde des thèmes sociaux et politiques. Chaque région a ses musiques et ses traditions, et nous essayons d’en montrer la richesse. Cette année, nous mettons notamment à l’honneur le Nordeste avec Flávia Bittencourt, originaire de São Luís do Maranhão, et Wallace Negão, originaire de Rio. Autour d’eux, une équipe de dix musiciens talentueux que nous réunissons spécialement pour créer ce carnaval. La danse est tout aussi essentielle. La troupe Jeilton Pordeus fabrique elle-même tous les costumes, avec plusieurs tenues différentes au fil de la soirée. Ils proposent des tableaux inspirés de Rio, du Nordeste, de Recife, du forró, ou encore des traditions de São Luís do Maranhão. La soirée commence à 20 heures, avec deux sets mêlant chant et danse.
Pourquoi avoir choisi l’Espace des Arts au Pradet ?
L’association est basée au Pradet. L’Espace des Arts est une très belle structure, avec un bar, une petite restauration, et surtout une équipe formidable qui nous soutient énormément. Nous avons organisé des événements ailleurs, même à Marseille ou à Paris, mais ici, nous nous sentons vraiment accompagnés. Le public est très enthousiaste. Pendant une semaine après le carnaval, nous recevons des messages. Beaucoup de personnes viennent seules… et ne le restent pas ! On se parle, on danse ensemble. Les artistes se mêlent au public. À l’entracte, les danseurs descendent dans la salle et invitent les spectateurs à les rejoindre. Des gens viennent de Nice, de Marseille… Les amoureux du Brésil se déplacent. Et nous aussi, quand il y a un bel événement brésilien ailleurs, on fait la route ! C’est ça, l’alegria brasileira.
Nous proposons aussi des ateliers de préparation. Au Brésil, les “blocos” sont des groupes costumés qui défilent autour d’un thème. Nous essayons de recréer cet esprit ici. Il y a le Bloco Sarava, mais aussi des groupes qui se forment autour d’idées originales, comme les infirmières de San Salvadour ou l’équipe de football amateur brésilienne du Mourillon. L’important, c’est que chaque bloc exprime sa créativité, à travers le chant, la danse et les costumes. Nous sommes une belle équipe de bénévoles, et nous accompagnons tous ceux qui veulent participer. Le carnaval, ce n’est pas un spectacle à regarder, c’est une fête à vivre ensemble.
Fabrice Lo Piccolo