Danakil – Fête ses vingt ans à Néoules.

MUSIQUE
23 juillet
Festival de Néoules

Danakil fête ses vingt ans ! Et nous aurons la chance de découvrir cette toute nouvelle tournée d’un des groupes majeurs du reggae hexagonal au Festival de Néoules. Nous avons rencontré Mathieu, saxophoniste et directeur du label du groupe Baco Records, et Balik, le charismatique chanteur.

Justement, quand sortira le très attendu nouvel album ?

Mathieu : Le premier vendredi de septembre. On l’a travaillé de façon particulière, avec cinq singles déjà sortis. Je trouve que c’est notre meilleur album. On l’a enregistré entièrement à la maison, dans notre studio à Bordeaux, au sein de notre label Baco records. On a pu prendre le temps de travailler comme jamais, en expérimentant beaucoup. On atteint un niveau de production, dans la lourdeur du son, le mix, le mastering, jamais atteint. On a passé beaucoup de temps en répétitions, en essayant de faire éclore notre musique tous ensemble. On s’est vus plus que d’habitude.

Comment va se passer le concert, c’est la tournée des vingt ans ?

Mathieu : Oui, enfin ! C’est un tout nouveau spectacle. Il est officiellement prêt, avec de nouvelles chansons, une nouvelle set list. On a aussi revisité nos classiques. Nous vivons désormais aux quatre coins de la planète, alors on fonctionne par résidences. On est très content du rendu, on a fait un livestream avec ce set il y a pas longtemps, et le public nous a dit qu’on était prêts !

Vous êtes probablement le groupe de reggae français le plus populaire, comment expliquez-vous ce succès ?

Balik : Un jour quelqu’un m’a dit : « Ce qui vient du cœur va au cœur ». Je ne sais pas si ça explique tout, mais en tout cas notre projet de groupe va dans ce sens. Nous souhaitons témoigner de la vie, du monde dans lequel on évolue. Si le public se retrouve dans notre discours et notre musique c’est qu’ils font écho à leurs préoccupations. Nous sommes amoureux du Reggae, c’est une musique fédératrice et militante dans son essence même.

Tes textes sont souvent une célébration de la vie, de la planète, un appel à la mémoire, tu t’inscris dans la lignée du rastafarisme ?

Balik : En tant que religion non. Par contre, il est impossible de séparer l’histoire et la culture du Reggae de cette religion-là. Il a été amené par les rastas et a été teinté de militantisme social. Mais ce que j’essaie de faire depuis le début c’est de relayer ce que je ressens de cette musique, avec mes émotions, mes expériences, ma vie, sans me travestir. Dans mon intention musicale, je n’ai pas teinté mon discours de religion mais tout le reste, la philosophie, la spiritualité, j’y suis très sensible.

D’autres textes sont contestataires et anti-système, as-tu des solutions à proposer ?

Balik : Si j’en avais, je me serais engagé politiquement. Mais je n’en ai pas, alors je dresse des constats au travers de ma musique. Ce sont ces convictions qui me guident. La société dans laquelle nous évoluons prône des valeurs de concurrence, ce n’est pas la solution. Il faut vivre ensemble, s’entraider. On passe pour des Bitniks quand on dit qu’on veut plus d’amour et de respect mais c’est la base de ce que l’on peut demander pour vivre bien. Quel que soit l’endroit où on nait, on a droit à notre part de bonheur.

Le titre « Oublions », sorti cette année est une référence à notre situation ?

Balik : C’est le premier morceau écrit pour le nouvel album, il y a deux ans ! Mais le lien avec ce que l’on vit est fort, et le clip a été réalisé, alors que nous étions complètement confinés. Nous avions besoin de sortir quelque chose de nouveau. Quand l’annonce du premier confinement est tombée, nous étions tous ensemble en studio. Chacun est rentré chez soi !

Juin 2021