Danakil – Notre rôle, c’est de rassembler.

En concert le 6 juin au Festival Couleurs Urbaines à la Seyne

De retour au Festival Couleurs Urbaines à La Seyne, Danakil, l’un des groupes de reggae français les plus populaires, poursuit une tournée record et a sorti récemment « Demain peut-être reload », une version revisitée de son dernier album, entouré d’invités prestigieux. Featurings choisis avec soin, message fédérateur, succès générationnel… Balik, chanteur du groupe, revient sur l’ADN collectif de Danakil.

Quelques mois après votre dernier album studio « Demain peut-être », vous avez sorti une version reload qui repose sur de nombreux featurings avec des artistes prestigieux. Pourquoi ce choix ?
On voulait que ça ait du sens. On a invité des artistes qu’on connaît bien, qu’on croise souvent et avec lesquels on travaille régulièrement sur notre label Baco Music. L’idée d’un album avec un invité par morceau, on l’avait depuis longtemps. On avait été marqués par « Morgan Heritage and Friends » de Morgan Heritage. On s’était dit qu’un jour, on créerait un projet dans cet esprit-là, un « Danakil and Friends ». Mais ce n’est pas un simple assemblage : on a vraiment revisité chaque morceau. J’ai enlevé un couplet à chaque fois pour redonner les clés aux invités. Ils se sont approprié les titres, c’est une vraie relecture.

Comment se sont passées les collaborations ?
Chaque histoire est différente. Harrison Stafford de Groundation, par exemple, prend chaque note très au sérieux, il ne fait rien à la légère. On a joué avec Clinton Fearon à l’Olympia et au Zénith de Paris. Sur « Demain peut-être », il prend le contrepied de mon propos : là où j’évoque l’idée d’attendre, lui dit qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud. J’aime ce dialogue. Flavia Coelho est une amie de longue date, on avait déjà travaillé ensemble. Natty Jean, cela fait quinze ans qu’on collabore. Pour un titre plus engagé, « Marie-Antoinette » sorti dans la foulée d’un remaniement ministériel, inviter Mike et Riké avait du sens : ils ont toujours exprimé une forme de défiance dans leurs textes. On parle de désillusion politique, mais ils nous rappellent aussi l’importance du vote.

Vous proposez aussi des inédits sur l’album. Comment les avez-vous pensés ?
Dans la même logique. On a proposé des morceaux à des artistes comme Queen Omega ou Natty Jean et chacun les a travaillés à sa manière. Il n’y avait pas de consigne particulière. On voulait laisser de l’espace, que chacun s’exprime librement.

“Demain peut-être” est engagé socialement, mais reste positif. Comment vois-tu le rôle de la musique aujourd’hui ?
Notre rôle est fédérateur. C’est le mot qui revient le plus souvent. On ne va pas prétendre qu’une chanson peut changer le monde. En revanche, réunir mille ou deux mille personnes qui chantent la même chose, ça fait qu’on se sent moins seul. Le concert, c’est un échange. C’est rappeler qu’on est ensemble, nombreux, concernés par les mêmes sujets.

Votre tournée actuelle bat des records d’affluence. Comment la vis-tu ?
Elle nous a surpris dès le début par le retour du public. C’est la tournée où l’on a le plus de monde depuis vingt-cinq ans. Le public se renouvelle. On voit des trentenaires qui nous disent qu’ils nous écoutaient quand ils avaient dix ans. Sur scène, l’idée reste la même : partager, faire oublier le quotidien, transmettre la joie qu’il y a dans nos albums.

Vous revenez au Festival Couleurs Urbaines, à La Seyne. Un lieu particulier pour toi ?
Oui, bien sûr. J’aime jouer partout, mais le bassin méditerranéen a quelque chose de spécial : la lumière, la mer… On a beaucoup joué dans le Sud, on y a toujours reçu un très bon accueil. Il y a une vraie chaleur du public.

Vos albums continuent d’accumuler les disques d’or, le single “Marley” est devenu platine. Comment vis-tu ces accomplissements ?
Ça nous donne de la force et de la motivation. « Marley » ne nous appartient plus vraiment, il est devenu générationnel. Il se transmet : par un père, un frère, un cousin… Savoir que, après toutes ces années, ces morceaux continuent de vivre, c’est très gratifiant. Et ça donne envie de se replonger dans de nouvelles compositions.

Fabrice Lo Piccolo