David & Jérémie Moreau – La musique comme une évidence.
Dixième édition de la Nuit du Piano : “Dans les jardins d’Espagne“ le 1er avril au Palais Neptune de Toulon
Deux jeunes virtuoses, Jérémie Moreau, pianiste, et son frère David, violoniste, issus d’une fratrie de musiciens médaillés, inspirés et prometteurs, viendront raconter l’Espagne en musique lors de la dixième édition de la Nuit du Piano organisée par le Festival de Musique de Toulon.
Je ne peux pas passer à côté d’une question sur votre fratrie de musiciens, vous êtes quatre, et tous jeunes virtuoses, comment expliquez-vous cette vocation familiale ?
Jérémie : Effectivement, nous avons baigné dans la musique très tôt. Nos parents ont voulu nous mettre à la musique dès notre plus jeune âge et il nous a été naturel de travailler nos instruments de manière très régulière et puis, nous ne nous sommes pas trop posé la question de savoir si nous voulions faire autre chose, ça s’est fait comme ça !
Pouvez-vous nous parler des œuvres que vous allez jouer lors de la Nuit du piano de Toulon, qui a pour thème cette année “Dans les jardins d’Espagne“ ?
David : Nous avons concocté deux programmes autour de l’Espagne, car nous aurons le plaisir de donner deux récitals lors de la Nuit du piano. L’avantage est que ce répertoire pour violon et piano est très riche, il y a une grande quantité de musiques soit espagnoles, soit inspirées de thèmes espagnols. Toutefois, nous avons fait le choix de privilégier la musique française ayant un rapport à l’Espagne. Par exemple, les compositeurs Camille Saint-Saëns et Maurice Ravel étaient très attachés aux musiques traditionnelles hispaniques, nous jouerons notamment la « Havanaise » de Saint-Saëns, qui reprend la mélodie et le rythme de la habanera, qui est une danse espagnole traditionnelle. Pour chaque récital, autour d’une grande œuvre, une sonate de Beethoven pour le premier et une sonate de Brahms pour le second, nous jouerons donc de courtes pièces d’inspiration espagnole.
Quels compositeurs ont vos faveurs, vous avez enregistré en famille des œuvres de Dvorák et de Korngold, êtes-vous attiré aussi par des musiques plus contemporaines ?
Jérémie : Nous sommes curieux de toutes les sortes de musiques, mais sans avoir une passion particulière pour le répertoire contemporain. Quant au disque fait en famille, tous les quatre, le choix c’est surtout porté sur ces œuvres car les pièces pour une formation de deux violons, un violoncelle et un piano sont plutôt rares, le prochain disque que nous ferons en famille, en trio cette fois ci sera du Schubert, donc un peu moins contemporain.
David : J’ajouterais que globalement, nous privilégions la musique romantique dans nos concerts. Nous jouons de tout, mais j’ai quand même l’impression que c’est ce que nous affectionnons davantage. Notre prochain disque avec notre frère Edgar (violoncelliste) est autour de Schubert et celui que nous sortons tous les deux autour de Beethoven et Schubert …
Tournées, répétitions intenses, concerts, (interviews) ! Est-ce la vie dont vous rêviez ?
David : En tout cas, c’est l’objectif d’un musicien lorsqu’il s’attelle à travailler quotidiennement dès son plus jeune âge, que d’avoir l’opportunité et la chance, à terme, de se produire sur scène. C’était un objectif que nous avions dans le viseur et, effectivement, c’est une vie particulière, très nomade, que d’être amené à donner des concerts dans le monde entier, mais c’est une grande chance, cela nous permet de découvrir énormément d’endroits différents et même si c’est une vie un peu fatigante, c’est toujours autour de la passion de la musique.
Weena Truscelli