Debout Sur Le Zinc – Redécouvrir Boris Vian

Théâtre Jules Verne – Bandol

Samedi 20 novembre

DSLZ, c’est six musiciens pour une quinzaine d’instruments. À travers leurs arrangements subtils, leurs compositions originales, et une mise en scène remplie d’émotions, ils nous font redécouvrir l’univers de l’auteur de « L’écume des jours ». 

Comment le groupe s’est-il formé et a-t-il évolué ?

Le groupe s’est formé il y a vingt-cinq ans. Des sept membres d’origines, il en reste quatre. La musique a évolué avec nos âges, nos centres d’intérêt et l’air du temps tout simplement. Nous avons réalisé essentiellement des albums de compositions. Entre deux albums, il nous arrive souvent de faire des projets annexes, histoire de changer d’air et d’explorer de nouveaux horizons. Mais des projets comme « DSLZ chante Vian » sont assez uniques… C’est la première fois que l’on fait un tribute à un artiste.

Comment ce projet est-il né ?

C’est une commande, pour le centième anniversaire de la naissance de Boris Vian. Nous sommes amis avec Françoise Canetti, la fille de Jacques Canetti, l’éditeur de Brel, Brassens, Gainsbourg… d’une grande partie de la chanson française… Elle nous a proposé de composer un album à cette occasion, et nous aimions déjà tous le personnage. Un de mes albums de chevet dans mon adolescence était le premier album d’Higelin qui, déjà, chantait Vian. Boris Vian a écrit six cent chansons, en quatre ans ! Dans ce vaste répertoire, il y avait des chansons que l’on voulait absolument jouer, parce qu’on les écoutait quand on était enfant, dans la voiture de nos parents. Nous avons également eu accès aux archives de Jacques Canetti dans lesquelles nous avons trouvé des chansons et des textes inédits, sur lesquels nous avons composé la musique.

Vous êtes inspirés par le rock, le blues, le jazz, la musique klezmer… Comment s’articulent ces différents styles ?

Nous avons tous pratiqué ces musiques. Les instruments dont on joue viennent aussi de ces différents horizons. Notre musique est la somme de ces styles, mais elle est aussi plus que cela. Nous ne cherchons pas à les mélanger, ils constituent tout simplement notre son, ce qui le rend unique. Nos chansons se savourent différemment en fonction de l’heure, du temps, de l’humeur…

Boris Vian était musicien et chanteur de jazz. Ici, vous vous appropriez vraiment sa musique…

Nous ne sommes pas un groupe de jazz. Nous nous sommes demandés comment faire vivre les chansons à notre manière, modestement. Sans dire qu’on les modernise, car ce serait faire insulte au jazz, on les réactualise, avec nos propres critères, avec un vent de fraîcheur : nous proposons quelque chose de très respectueux de son oeuvre, tout en étant novateur.

Qu’est ce qui vous attire chez Boris Vian ?

Le fait qu’il n’était pas du tout misogyne était incroyable car à l’époque la misogynie était banalisée. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est que c’était un profond pacifiste. Il savait qu’il allait mourir jeune. Ça le mettait hors de lui que l’on mette fin à des vies de manière prématurée, il trouvait cela excessivement injuste. En ce moment, la violence est présente partout. Vian n’aurait pas du tout apprécié cette atmosphère. Il avait beaucoup de recul sur la vie, qu’il pensait précieuse, et détestait toutes les formes de violence.

Zacharie Murati

Octobre 2021

http://www.bandol.fr/quotidien/theatre-jules-verne-1204.html