Grand Soir – Le show des Créatures.
Dossier spécial : Tisot
« Madame Arthur enflamme la Seyne-sur-Mer », le 23 avril
Le nouveau spectacle du cabaret de Madame Arthur, mythique établissement de Pigalle, débarque à la Seyne avec un show dans la grande tradition du Cabaret joué et chanté en live. Extravagances et sujets brûlants vont enflammer Tisot, apportant l’espoir d’un monde meilleur et une grande bouffée d’air ! Grand Soir, un des artistes du show nous éclaire sur ce qui attend les spectateurs.
Le Cabaret de Madame Arthur est-il un spectacle de drag queen ?
Alors, je n’utilise pas le terme de drag queen pour moi et, au sein du Cabaret de Madame Arthur ce n’est pas le terme qu’emploie la majorité des artistes. Bien sûr, nous partageons avec les drags beaucoup de références, mais Madame Arthur, originellement, est un cabaret de travestis, c’est à dire avec des hommes qui mettent des robes ! Aujourd’hui, depuis sa refonte et réouverture il y a une dizaine d’années, le Cabaret de Madame Arthur est devenu plus contemporain, et nous utilisons un terme qui englobe un peu tout ça, le mot de “Créature“, dans lequel chacun se reconnaît. J’ai une esthétique plutôt androgyne avec des références qui se rapprochent de David Bowie, Elton John, des modèles très flamboyants, mais qui ne vont pas jusqu’à l’autre côté…
Quelques mots sur vos partenaires de scène ?
Pour la tournée qui passe par la Seyne, mes partenaires seront “La Briochée“ qui, elle, est une drag queen et a participé à la première saison de l’émission Drag Race France. Puis, il y a “Pierre et la Rose“, un artiste chanteur, interprète, auteur-compositeur qui commence à être connu dans le monde de la chanson et “Diamanda Callas“ qui est drag queen, mais pas que !
Que se passe-t-il pendant le show ? Donnez-nous encore plus envie de venir vous voir !
Nous présentons ce que nous avons l’habitude de faire : c’est un spectacle en chansons, en live, accompagné au piano, c’est moi qui suis au piano. Nous prenons des grandes références de la culture pop française que nous chantons, réécrivons parfois et remanions à notre sauce, à notre manière. Le concept de ce spectacle-là est de revenir sur certaines dates clés de la conquête des droits LGBT, ce qui permet de transmettre ce que nous sommes dans toute la France, en passant par la culture pop pour faire passer nos messages et parler à un imaginaire commun.
Que pensez-vous du fait qu’un art underground soit devenu grand-public, et déchaîne maintenant des passions après avoir été diabolisé pendant longtemps ?
C’est une partie des questions que soulève ce show. Nous repartons de la base en parlant de ces quelques dates-clés qui rappellent d’où nous venons, où nous sommes aujourd’hui, mais aussi de ce qui nous menace peut-être pour demain. Nous venons de l’Underground et nous y sommes toujours, malgré tout, même si nous avons plus de visibilité, nous n’avons pas encore rattrapé d’autres formes d’arts vivants. Et, en ayant plus de visibilité, nous sommes également davantage exposés sans être protégés pour autant. Donc la reconnaissance à égalité avec les autres n’est pas encore là et surtout, l’Underground n’est jamais très loin, il est possible que nous y retournions avec ce qui se passe actuellement ! J’essaie de faire confiance aux mouvements de l’histoire, en espérant que nous allions dans la bonne direction. Mais, ce que nous voulons avec ce spectacle, c’est “donner de l’air“ aux personnes qui viennent nous voir, nous les faisons rire, chanter, réfléchir et se sentir bien, quelle que soit leur identité, nous ne nous adressons évidemment pas uniquement à la communauté LGBT, et ce spectacle permet un moment de communion vraiment sympa.
Weena Truscelli