Élodie Poux – De la chrysalide au papillon : Élodie Poux déploie ses ailes sur scène.

« Le syndrome du papillon », le 10 janvier au Zénith de Toulon.

 

Au Zénith de Toulon le 10 janvier, Élodie Poux prend son envol avec « Le Syndrome du papillon ». Entre stand-up et personnages déjantés, elle offre un humour vif et sincère. Une heure et demie de rire garanti pour oublier le quotidien.

 

« Le Syndrome du papillon » est présenté comme un spectacle plus personnel que le précédent. En quoi marque-t-il une étape importante dans votre parcours artistique ?
Il est surtout plus abouti. Depuis le premier spectacle, j’ai gagné en expérience et en confiance. Je ne dis pas que le précédent n’était pas bien, mais celui-ci est plus professionnel, plus maîtrisé dans l’écriture comme dans l’interprétation. On en sait davantage sur moi en sortant de la salle. Ça raconte mon passage de la chrysalide au papillon, au moment où j’ai rencontré le théâtre et où quelque chose s’est débloqué. Il parle aussi de celle que j’aurais pu devenir si je n’avais jamais croisé cette voie. C’est un spectacle intime, mais raconté à travers des personnages et avec beaucoup d’humour.

Vous mêlez toujours stand-up et personnages très physiques. Comment cette forme a-t-elle évolué avec le temps ?
Elle reste la même, parce que c’est celle dans laquelle je me sens le mieux : un mélange de personnages, de stand-up, de surprises et d’énergie. Ce qui change, ce sont les sujets et la manière de les aborder. Aujourd’hui j’ai plus de recul et plus de liberté. Le spectacle évolue aussi énormément avec la tournée. Au début, je suis très concentrée sur le texte, presque crispée, car j’ai peur de l’oublier. Puis, au fil des représentations, plus je me sens à l’aise, plus le corps s’exprime. Les gestes, les expressions, les silences arrivent naturellement. Je garde ce qui fonctionne, j’affine, et le spectacle se construit sur scène, au contact du public.

Votre humour navigue entre simplicité populaire et vraie subtilité, sans chercher à plaire à tout le monde. Est-ce une position que vous assumez pleinement ?
Totalement. J’aime jouer sur ces deux niveaux. Je peux, dans une même phrase, faire exprès de dire « si je serais » et enchaîner avec un mot très pointu. Ça me ressemble et je ne me pose pas la question de savoir si ça va plaire ou non. Je fais mon humour, sincèrement, et le tri se fait naturellement en face. Vouloir plaire à tout le monde n’a aucun sens. Chaque artiste attire le public qui lui correspond.

Vous abordez souvent des sujets sensibles par le rire. Qu’est-ce que l’humour permet de dire que d’autres formes artistiques ne permettent pas toujours ?
Pour moi, c’est une langue à part entière. J’ai toujours abordé ce qui nous fait le plus peur, ce qui nous met mal à l’aise ou ce qui nous emmerde le plus dans la vie par le rire, parce que c’est mon principal moyen d’expression. Mais tout le monde ne parle pas cette langue-là. Certaines personnes sont très mal à l’aise avec l’idée de rire de choses graves ou douloureuses. Pour moi, l’humour permet de mettre à distance, de respirer, de rendre les choses plus supportables. C’est une autre façon de raconter le réel.

Que souhaitez-vous offrir au spectateur ?
Je veux qu’il ait eu l’impression d’entrer dans une bulle où il n’y a que du rire et du positif. Pendant une heure et demie, il n’y a plus l’actualité, plus les problèmes, plus les soucis du quotidien. On rit ensemble, on oublie tout. Quand ils me disent qu’ils ont traversé un moment difficile, qu’ils étaient malades, en deuil ou épuisés, et que le spectacle leur a permis de rire à nouveau, c’est ma plus belle récompense.

Julie Louis Delage

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