Abîmes de la perfection
Le plus ramassé, le plus dense, le plus grave des cinq, le IVe concerto de Beethoven est le premier écrit pour un autre pianiste que lui après l’acceptation de sa surdité. Le soliste prend d’abord la parole, l’orchestre suit. Le clavier impose un discours altier qui peut s’ombrer d’élégie ou imposer une énergie conquérante. À Bayreuth où Bruckner lui soumet et lui offre ses deuxième et troisième symphonies, Wagner choisit la troisième et son thème introductif à la trompette si… wagnérien ! Mais l’oeuvre baigne dans un climat de Haute-Autriche avec ses polkas et ses Ländlers dansants. Les contrastes sauvages, les grands tutti de l’orchestre sont grandioses.