François Herpeux – Rire est le propre de l’homme.

“La force de la farce“, le 13 janvier au Théâtre de l’Esplanade à Draguignan

 

« La Force de la farce » est presque un seul en scène. C’est l’histoire d’un comique raté des années 70, qui compile à l’aide d’une des premières intelligence artificielle le meilleur de l’humour, qu’il considère comme l’essence de la race humaine, afin de tenter de le faire perdurer vers l’univers et au-delà ! Un spectacle subtil, absurde, décalé et irrésistible.

 

Quel a été votre chemin jusqu’à un “seul en scène » ?
J’ai beaucoup été interprète au cours des vingt dernières années et, au fil des créations, j’ai accumulé et archivé des idées et des envies que j’avais. Finalement, j’ai un peu fait comme Patrice, le personnage du spectacle, j’ai réuni, compilé des idées de scènes comiques et d’envies artistiques. Mais j’étais toujours sur d’autres projets et ne trouvais pas le temps pour créer mon spectacle, et puis à un moment, il y a eu une sorte de créneau, le Covid est arrivé, et j’ai donc enfin eu un temps pour répertorier tout ce que j’avais entassé dans mes carnets, j’ai compris que c’était le moment !

Décrivez-nous, résumez-nous le spectacle ?
Le spectacle raconte l’histoire de Patrice Laforêt, qui est un commercial en Farce et Attrape ayant raté sa carrière d’humoriste. Il a perdu sa femme lors d’un salon de la Farce et Attrape, à cause d’un accident lors d’une présentation de leurs produits, et il se décide, en plein désespoir, à faire quelque chose de plus grand lui, sauver l’humanité. Le spectacle se déroule à la fin des années 70, l’annonce de l’apocalypse est déjà bien présente, et il se demande comment faire perdurer l’humanité au delà de la planète terre et, comme ce qu’il trouve de plus singulier chez l’être humain, c’est l’humour, il décide d’envoyer un disque dur où est compilé tout l’humour de l’espèce humaine, afin d’en laisser une trace aux confins de l’univers. C’est évidemment l’époque où Carl Sagan avait envoyé la plaque de Pioneer dans l’espace…

Pensez-vous que l’envie de laisser une trace est un besoin humain, une façon de croire que l’on va perdurer, que tout ne va pas disparaître ?
En effet, c’est la nécessité propre à l’espèce humaine, qui a toujours cherché à étendre son domaine. Maintenant avec l’espace, des planètes proches, l’humain veut consommer la vie et l’exporter si besoin, pour pouvoir la sauvegarder. L’instinct de survie est plutôt bien ancré chez l’humain…

Seul en scène, mais avec une intelligence artificielle ?
Voilà ! Patrice ne peut pas remplir sa mission seul… Il utilise donc une des premières intelligence artificielle, qui s’appelle Mich-L, et ressemble à un gros bloc, ou à un aspirateur géant ! Elle va être son assistant pour compiler et archiver toutes les scènes comiques. Ils sont dans un bunker à l’abri du monde pendant plusieurs semaines, et Mich-L joue son partenaire dans les dialogues, il peut également configurer la lumière, les ambiances sonores, il déclenche la caméra, tout un tas de processus un peu spectaculaires qui permet d’alimenter les scènes archivées.

Sur quoi voulez-vous faire réfléchir les spectateurs ?
Ce que j’avais envie d’explorer, c’est la subjectivité de l’humour. Car il y a un côté très universel à l’humour et, en même temps, très intime. Chez chaque être, c’est filtré par son vécu. L’idée n’est donc surtout pas de dire ce qui est drôle ou pas, mais de faire un état des lieux et de jouer avec ça. Il faut savoir que ce spectacle est le premier épisode d’une trilogie. Le projet était trop important à faire en une seule fois : dans les épisodes suivants, l’humour sera vraiment exporté sur une autre planète…

Weena Truscelli

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