Frank Micheletti – Une saison 2 en mouvement sur tout le territoire métropolitain.

Trente ans de Kubilai Khan saison 2 jusqu’à fin juin 2026 sur la Métropole TPM

Kubilai Khan est une compagnie majeure de notre territoire. Après une première saison placée sous le signe du voyage et de l’élévation, elle poursuit la célébration de ses trente ans avec une programmation foisonnante jusqu’à fin juin sur la Métropole TPM. Entre danse, paysages, musées et cultures du monde, le chorégraphe Frank Micheletti déploie une vision ouverte, écologique et profondément collaborative de la création.

La saison 1 s’appelait « S’élever ». Quel bilan en tires-tu ?
On vient de clôturer cette première saison par une soirée indonésienne au Metaxu : en 2014, Kubilai s’était rendu pendant cinq semaines dans la ville de Bandung sur l’île de Java pour proposer une édition indonésienne du festival Constellations avec plus de cent artistes locaux. Cette saison #1 nous a permis de voyager sans kérosène ni effet de jetlag, à travers trois grandes géographies importantes dans notre histoire. Le Japon, l’Indonésie et le Mozambique pays dans lequel nous avons un de nos plus proches collaborateurs le danseur Idio Chichava. Ce trimestre “voyageur” raconte en filigrane notre trajectoire : en trente ans, nous avons eu la chance de travailler dans de nombreux pays en restant sur place pour des résidences longues. Cela a façonné le style Kubilai Khan, une manière d’être au monde fondée sur l’ouverture, l’adaptation et l’attention aux contextes. Une méthode “tout-terrain” qui s’est construite au fil des expériences.
Cette première saison a aussi été l’occasion d’explorer d’autres registres de danse et de proposer des formats hors des circuits traditionnels, comme les balades chorégraphiques. Après la Colle noire et le Cap Garonne, une seconde « Échappées Littorales » nous baladera vers le sublime panorama de Notre-Dame du Mai et le cap Sicié.

Pour cette saison 2, tu t’appuies sur un réseau de partenaires fidèles…
Oui, cette année d’anniversaire fait vivre la présence de Kubilai Khan à travers une trentaine d’événements répartis sur quatre saisons. L’idée est simple : faire circuler la danse sur tout le territoire, dans tous les lieux, et de corps en corps. La danse peut aussi être activée par des non-professionnels. Ce projet repose sur une véritable pensée collaborative. Depuis trente ans, on a tissé des liens de loyauté et de complicité avec de nombreuses structures. Châteauvallon-Liberté, scène nationale, nous accompagne depuis les débuts. Les villes de Toulon, Hyères, Ollioules, la Métropole TPM sont également des partenaires clé. Je n’oublie pas l’importance des lieux moins institutionnels et d’échelle intermédiaire qui sont des ressources vitales pour construire un éco-système culturel. Dans notre cas nous avons des complicités assidues avec le Metaxu, le Telegraphe, le Vola Café sur les hauteurs de Hyères pour n’en citer que quelques uns.

Parle-nous de quelques temps forts de cette saison 2…
Le Musée du Niel est un partenaire important puisque nous allons réalisé trois parcours dans cet agenda des trente ans en commençant par la Nuit des musées, le 23 mai, autour de l’exposition « L’abstraction est une couleur ». On y proposera des performances dansées dans les salles avec les œuvres et au jardin. Ce musée est un écrin exceptionnel entre architecture, nature et art avec le petit port du Niel au pied de son entrée.
À Ollioules, ce sera « Danse Danse Danse », qui explore la relation entre danse et patrimoine. Gestes dansés et musiques déploient leurs résonances dans le verger des gorges d’Ollioules, un site naturel et historique remarquable.
À La Seyne-sur-Mer, on lancera un nouvel événement, « D’îles en îles », au Fort Balaguier, le 26 juin. Ce sera un grand voyage musical et dansé à travers les cultures insulaires, des Antilles à l’océan Indien jusqu’à la mer du Japon, avec des DJs aux vinyles, des passionnés de pépites rares et de grooves chaloupés. A Hyères, le Café Vola va distiller des performances dansées et musicales en relation aux vibrations, aux ondes qui nous animent.
Au Telegraphe le 16 mai, nous nous plongerons dans l’excitante vitalité des musiques électroniques avec une nuit intitulée « Japan Session » avec la danseuse Naoko Tozawa et Yaguara aux platines. Le Telegraphe va se transformer en club tokyoïte, explorant la richesse des productions électroniques japonaises, que je connais pour y avoir vécu pendant six mois en fréquentant tous les disquaires et les clubs de l’archipel.
Enfin, de Toulon à Saint-Mandrier, on mènera une “Micro-collisions” entre danse et géographie avec Michel Lussault, professeur d’études urbaines à l’ENS Lyon. Spécialiste des espaces de vie et des dynamiques d’urbanisation, il explore les relations entre les sociétés humaines et leurs milieux. Une traversée en bateau-bus avec une exploration sensible du territoire et des moments dansés, pour interroger nos rapports aux espaces.

Un mot pour conclure ?
Cet anniversaire n’est pas un regard nostalgique vers le passé. C’est au contraire une invitation à expérimenter des formes alternatives, hors des normes habituelles de consommation culturelle. Ces trente événements sont autant d’occasions d’aller à la rencontre du public en prêtant corps à des cultures vivantes et vibrantes sur le territoire. Il s’agit, au fond, d’inventer d’autres manières d’habiter le monde, ensemble, à travers la danse et les arts vivants.
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Fabrice Lo Piccolo