Israël Vibration – Le reggae est immortel.

Le 27 mars au Centre Culturel Tisot à La Seyne

Le légendaire groupe de reggae Israël Vibration sera en concert le 27 mars au Centre Culturel Tisot à La Seyne. Lacelle « Wiss » Bulgin, l’un des membres fondateurs, revient sur leur nouvel album « Reggae Music Never Dies », la mémoire de Cecil « Skelly » Spence, leur collaboration avec Aston Barrett Jr. et l’évolution du reggae à travers les décennies. Concert programmé en collaboration avec Culture +.

Votre album s’intitule « Reggae Music Never Dies ». Le reggae est donc immortel ?

Oui, le reggae reflète les actions des gens, ce qui se passe à travers le monde. Il accompagne les différentes époques, raconte les réalités de la vie. La musique et le peuple vont ensemble. À travers les paroles, on explique ce qui arrive, on raconte des histoires qui résonnent avec chacun.

Vous avez créé cet album avec Skelly, autre fondateur du trio. Comment s’est déroulée sa conception ?

Nous avons commencé en 2021, mais la pandémie a ralenti le projet. Skelly et moi vivions dans des endroits différents – lui en Jamaïque, moi au Texas. Notre manager nous a mis en contact avec Aston Barrett Jr., qui a tout de suite été intéressé. Nous lui avons envoyé nos pistes, mais le travail avançait lentement. Malheureusement, Skelly est décédé en 2022. Il avait enregistré trois morceaux, mais commençait à se sentir mal. Il avait composé la mélodie de « Next Generation », mais sans écrire les paroles. J’ai repris cette chanson, travaillé sur les textes, et en 2023, j’ai finalisé les voix et harmonies avant de tout envoyer à Aston.

Vous avez produit cet album avec Aston Barrett Jr., fils du bassiste des Wailers. Comment s’est passée cette collaboration ?

Aston a apporté une contribution musicale essentielle. Il a joué la batterie, la basse, les guitares rythmiques, les claviers… Il a su donner à l’album une énergie qui respecte l’esprit du reggae roots tout en y ajoutant sa touche.

Quels sont les thèmes abordés dans cet album ?

On parle de ce qui affecte le monde aujourd’hui. « Gun Hawk » traite du problème des armes à feu, beaucoup trop présentes. « Next Generation » est un appel aux anciens pour guider les jeunes, leur offrir plus d’opportunités et de perspectives. On veut que notre musique garde les gens connectés, qu’elle ait un impact positif sur la communauté.

Vous êtes en tournée avec Roots Radics, l’un des groupes mythiques du reggae. Comment décririez-vous l’atmosphère de vos concerts ?

L’ambiance est toujours la même : une musique consciente, qui élève et encourage. Nous voulons inspirer les jeunes générations, leur rappeler de garder la tête haute, de rester concentrées sur les bonnes choses. C’est une continuité, un message positif qu’on porte à chaque concert.

Israël Vibration, c’est près de cinquante ans de carrière. Vous avez joué avec Sly & Robbie, fait des concerts avec Bob Marley… Quels souvenirs marquants gardez-vous de ces années ?

Il y en a tellement ! Dans les premières années, nous avons partagé la scène avec Bob, fait des concerts avec Augustus Pablo, Aswad, Steel Pulse… Je me souviens aussi d’un concert aux Bermudes avec Fazel à la guitare, c’était une période incroyable.

Comment voyez-vous l’évolution du reggae à travers les années ?

Chaque génération essaie d’explorer de nouvelles choses, d’intégrer de nouveaux sons, de s’adapter aux évolutions technologiques. Mais l’essence du reggae reste la même. Peu importe les influences, l’original restera toujours l’original.

Fabrice Lo Piccolo

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