Jean-Baptiste Shelmerdine – Son dernier dîner

>> Un Dîner d’Adieu le 20 janvier au théâtre Galli à Sanary

Devant se rendre à un autre dîner auquel ils ne veulent au fond pas aller, Pierre et Clotilde prennent une décision : faire le ménage dans leurs amitiés usées. Antoine, joué par Jean-Baptiste que les téléspectateurs connaissent bien pour son rôle dans « Nos Chers Voisins » entre autres, sera-t-il leur première victime ?

En quoi consistent ces dîners d’adieu ?
Ces dîners d’adieu, organisés ici par Pierre, Nicolas Cartman, et Clotilde, Laëtitia Milot, sont des moments particuliers où l’on organise un dîner exceptionnel pour un ami que l’on ne souhaite plus revoir. On pourrait dire que c’est un « dîner du paradis », mais en réalité, c’est une manière de signifier à cette personne que notre chemin avec elle prend fin. Ce soir-là, ils invitent Antoine, mon personnage, un ami d’enfance de Pierre, pour son dîner d’adieu.

Parlez-nous des personnages que vous incarnez dans la pièce.
Je joue un universitaire, pas méchant mais présenté comme quelqu’un de très lourd et égocentrique. Il arrive avec un rire insupportable, et au fil de la pièce, quelque chose va se passer dans ce dîner, changeant complètement la dynamique. La fille, un peu cynique, souhaite simplement se débarrasser de lui, mais finalement, on va découvrir que ce personnage n’est pas si mauvais qu’il en a l’air. Il y a une certaine complexité dans les relations entre ces personnages, et j’ai vraiment travaillé pour donner au mien une nuance intéressante. Pierre, quant à lui, est pris entre deux feux, entre sa culpabilité et sa femme qui l’a un peu piégé.

Comment avez-vous abordé l’écriture de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière, et y a-t-il des passages que vous aimez particulièrement ?
L’écriture de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière est très riche et il y a de nombreux passages que je trouve intéressants à jouer. Il y a des moments drôles, par exemple lorsque le couple sert une bouteille de vin très chère et qu’une tension particulière se crée. Mais la fin de la pièce est très émouvante, les cinq dernières minutes offrent une grâce particulière. C’est intéressant à jouer, passant d’un dynamisme explosif à un calme où le public écoute. Ce personnage est très drôle à jouer, j’aime jouer des gens nuls mais qui ne s’en rendent pas compte, qui sont dans le déni d’eux-mêmes. Il est centré sur lui-même et en même temps est très innocent, très premier degré. C’est un exercice où il ne faut pas perdre la cohérence du personnage, rester crédible. Je sors fatigué, après 1h45 de pièce.

Parlez-nous de votre collaboration avec Eric Laugerias, le metteur en scène.
Le travail avec Eric Laugerias s’est déroulé de manière fluide. J’ai proposé à Eric un certain angle pour mon personnage, et il a accepté. Nous avons travaillé sur ce fameux rire car le premier proposé n’était pas parfait. J’avais rencontré Eric au détour d’une salle de répétition et deux jours après, il pensait à moi pour ce rôle. Quand on se présente à un casting, on propose un personnage et en général si on est retenu, c’est qu’il plaît au metteur en scène.

Vous êtes bien connu pour vos rôles dans des séries télévisées, mais on vous voit de plus en plus sur scène. Qu’est-ce qui vous attire dans le théâtre ?
Après le grand succès de « Nos Chers Voisins », je me doutais que j’allais avoir une période de creux et une amie m’a conseillé de faire du théâtre. J’avais bien sûr déjà joué des pièces mais pas professionnellement. J’ai accepté un remplacement et depuis j’ai trouvé une certaine passion pour la scène. Après cela, Marie-Anne Chazel m’a proposé de jouer son fils au Théâtre des Variétés pendant quatre mois devant neuf-cents personnes. Le théâtre offre la possibilité de développer un personnage de manière plus approfondie, pendant une heure et demie. A la télévision, chaque jour nous avions une nouvelle scène à jouer, que nous ne pouvions pas vraiment répéter. Là, j’apprécie l’évolution des personnages au fil des représentations et c’est une expérience qui me permet de travailler davantage en amont pour amener une certaine richesse à chaque spectacle. Je fais par exemple une « italienne », je redis entièrement mon texte, chaque jour avant la représentation. Le théâtre apporte un certain confort mais demande aussi une rigueur quasi-militaire, il faut préserver sa voix, ne pas prendre froid, alors qu’au cinéma ou à la télévision on peut jouer même malade.

Fabrice Lo Piccolo

Bande-annonce