L’équipe du Jas de la Rimade – Un lieu d’art en pleine nature.

Exposition « à corps et à cri » au Jas de la Rimade à Carcès jusqu’au 10 mai.

Il y a quarante ans, au cœur d’une nature superbe à Carcès, Béatrice et Marcel Heinz décident de restaurer un ancien domaine templier pour en faire… un centre d’art : le Jas de la Rimade. Suite à leur décès, leurs enfants Tamara et Cédric avec son épouse Cathy, décident de perpétuer l’aventure et fêtent le début de cet anniversaire avec une exposition de Nicolas Lavarenne et Philippe Croq.

Comment s’est déroulée la création de ce Centre d’art, dont vous fêtez les quarante ans cette année ?
Nos parents ont imaginé ce lieu dans un but un peu fou de créer un lieu d’art en pleine nature, loin de la ville. Arrivés de l’étranger, ils sont tombés amoureux de la région et ont acquis cette ruine d’une ancienne ferme templière du XIIIe siècle.
Ils l’ont restaurée dans le respect de ses origines. Comme ils rêvaient d’une vie plus riche de sens qui allie nature, art et valeurs humaines, après des années de sacrifice et de travail passionné, ils en ont fait le Jas de la Rimade tel qu’on le connait actuellement. C’est ce que nous essayons de perpétuer.
La galerie est composée de trois salles aux murs en pierres apparentes et en plâtre rustique. La bâtisse en elle-même est déjà marquante et c’est chaque fois un exercice intéressant de faire dialoguer les œuvres avec le lieu pour que chaque exposition soit une expérience harmonieuse qui mette en valeur les œuvres présentées.
L’espace extérieur a été aménagé en jardin de sculptures où l’on peut découvrir des œuvres, pour certaines monumentales, dans un cadre naturel.

Comment choisissez-vous les artistes que vous présentez ?
Nous essayons, autant que possible, de rencontrer les artistes dans leur atelier. Nous aimons découvrir et nous imprégner de leur univers pour apprécier leurs œuvres. Rien ne remplace la rencontre avec le travail physique, nous avons besoin d’en sentir la matière, la vibration, la présence. Au final c’est le cœur et l’émotion qui nous guident dans nos choix, les décisions se prennent à trois, et nous devons être d’accord pour intégrer un artiste à la galerie.

Vous débutez cette année anniversaire avec une exposition de Nicolas Lavarenne et Philippe Croq. Vous collaborez depuis quarante ans avec Nicolas Lavarenne, qu’est-ce que vous aimez dans le travail de cet artiste ?
Le choix de Nicolas Lavarenne pour la première exposition de l’année s’imposait naturellement. Premier artiste à avoir intégré la galerie, ses sculptures y occupent depuis toujours une place de cœur. Les corps en bronze, modelés avec une précision remarquable, semblent animés d’une vie propre et expriment des émotions fortes. Les positions en équilibre de ses personnages révèlent la tension des muscles et la structure des os, comme si le mouvement était suspendu dans le temps. Qu’elles soient monumentales ou plus intimes, ses œuvres dégagent la même intensité : une force qui saisit et transporte celui qui les contemple et pose la question du dépassement de la condition humaine.

Philippe Croq crée des grands formats, entre figuratif et abstrait, empreints du réel, de souvenirs, de locutions, comment décririez-vous son œuvre ?
Nous avons découvert Philippe Croq l’année dernière, et son œuvre nous a immédiatement touchés. Philippe est un peintre de l’intérieur, de l’inconscient. Il nous livre avec chaque tableau un bout de son espace intérieur qui vient résonner chez le spectateur avec sa propre histoire personnelle et animer tout un imaginaire. C’est en prenant le temps de les observer que le dialogue avec chaque œuvre se révèle. Il est amusant de constater que cette histoire change selon le regard porté, mais le sentiment demeure : celui de feuilleter un carnet intime, à la fois personnel et universel.

Fabrice Lo Piccolo