Lucas Andrieu – Célébrer toutes les formes de théâtre.

Festival de Théâtre de Solliès-Pont du 23 au 26 avril 2026

Le Festival de Théâtre de Solliès-Pont revient avec une programmation éclectique et ambitieuse, avec notamment Mike et Riké de Sinsemilia et Alain Chapuis, le tavernier dans Kaamelott. Son créateur, Lucas Andrieu, acteur et metteur en scène, revient sur son parcours, l’évolution de l’événement et les temps forts de cette nouvelle édition.

Le festival en est à sa troisième édition. Comment évolue-t-il ?
Nous sommes très contents. L’an dernier, nous avons doublé la fréquentation par rapport à la première édition, et cette année, à la même période, la billetterie est en avance. Cela montre que le dynamisme continue. On sent une vraie fidélité du public, qui nous fait confiance et répond présent. Ce qui nous plaît particulièrement, c’est le succès des pass : beaucoup de spectateurs viennent voir plusieurs spectacles. Cela signifie que la proposition leur parle et qu’ils sont curieux de découvrir différents univers.

Comment construis-tu la programmation ?
Je choisis avant tout des spectacles que j’aime, tout en pensant à tous les publics. L’idée est que chacun puisse s’y retrouver. Pour ceux qui viennent à tous les spectacles, j’essaie de proposer une diversité d’univers, une programmation la plus complète possible. J’aime beaucoup le pluridisciplinaire, et cela se ressent aussi dans mes créations. Le festival reflète cette envie d’ouverture à différents styles artistiques.

Quels sont les temps forts de cette édition ?
Nous avons plusieurs spectacles forts, même si je ne les choisis pas comme “têtes d’affiche”, mais simplement parce qu’ils sont de qualité.
Le festival s’ouvrira le 23 avril avec Mike et Riké de Sinsemilia. Ce n’est pas un concert, mais un spectacle musical où ils retracent leur parcours, entre humour, émotion et optimisme. Le 24 avril, je présenterai ma nouvelle pièce, « Le Mystère de la maison d’Ashland », un thriller qui marque mon retour au genre sept ans après « L’étrange affaire Émilie Artois ». L’univers est proche de celui de Stephen King. J’avais obtenu le prix du public en 2024, et j’espère un accueil tout aussi chaleureux. Le samedi, « Rimbaud, Cavalcades ! » proposera un seul-en-scène poétique signé Romain Puyuelo, salué à Avignon. On y suit un homme en burn-out qui décide de tout quitter, dans une réflexion inspirée de Rimbaud. Autre moment fort : « Parlez-moi de moi ! », une comédie sur l’ego masculin avec Alain Chapuis, que le public connaît bien pour son rôle dans Kaamelott, et Marie Blanche. Le spectacle aborde avec humour les travers du métier d’acteur. Le dimanche à 14h, « La beauté intérieure » un seule-en scène musical dont les textes et la musique sont écrits et joués par Marion Corrales offrira un moment sensible et finement écrit, mis en scène par Céline Sallette. Enfin, le festival se clôturera avec « Barye » de Florence Colcombet, un biopic consacré au grand sculpteur animalier français. Porté par une jeune équipe, le spectacle est moderne, documenté et accessible. Globalement, nous essayons de montrer une grande variété de styles, avec des propositions parfois très cinématographiques.

Plusieurs prix seront remis…
Oui, comme chaque année, il y aura un prix du jury composé de professionnels, un prix de la presse en partenariat avec le Club de la Presse 83, et bien sûr le prix du public. C’est très important pour nous que les spectateurs puissent s’exprimer et donner leur avis. Leur regard fait pleinement partie de l’identité du festival.
Tu fêtes cette année dix ans de carrière. Comment vois-tu ton parcours ?
Oui, cela fait déjà dix ans. À cette occasion, je vais donc jouer ma nouvelle pièce. Depuis mes débuts, j’ai créé cinq spectacles : j’écris, je mets en scène et je joue. Certains ont rencontré un vrai succès, comme « Ce monde pourra-t-il changer un jour ? », que nous avons joué plus de cent fois partout en France, ou encore « L’étrange affaire Émilie Artois », complet depuis trois ans, notamment à Avignon. C’est d’ailleurs ma première création. Aujourd’hui, je suis toujours au plateau avec cette nouvelle pièce, ce qui reste essentiel pour moi.
Fabrice Lo Piccolo