Mathilde Dromard – Peut-on trier ce que l’on veut transmettre ?

“Madame – histoire chantée des femmes qui m’ont précédée“, le 23 janvier au Théâtre Jules Verne à Bandol

 

Dans le spectacle “Madame, histoire chantée des femmes qui m’ont précédée“, Mathilde Dromard, comédienne, autrice et metteuse en scène, détricote avec humour mais lucidité, la chaine des transmissions que l’on se plait trop souvent à dire “inconscientes“…

 

Design, danse, chant, comédie, autrice, metteuse en scène, vous avez de nombreuses cordes à votre arc, parlez-nous un peu de vous ?
Le design d’espace, je n’en fais plus, mais ça me sert pour la scénographie de mes spectacles ! Par contre, sur le volet spectacle vivant je suis en effet, chanteuse, danseuse et avant tout comédienne, metteuse en scène et autrice. Je fais du théâtre depuis que j’ai huit ans et, après être passée par des études d’arts appliqués et de la danse Flamenco en Espagne, je me suis rendu compte que raconter des histoires était très important pour moi. J’ai donc poursuivi mes études de théâtre au conservatoire d’Avignon, où j’ai été prise en cycle professionnalisant, et c’est à partir de là que j’ai créé ma compagnie…

…J’y venais, dites-nous quelques mots sur La Compagnie du i !
Je l’ai montée avec Sophie Rossano, qui était ma collègue à l’époque et qui a maintenant changé de parcours professionnel. Cette compagnie a vu le jour avec l’envie de créer nos propres projets, notre écriture, de tester des choses, et ne pas attendre que l’on nous donne des rôles, de ne pas dépendre du désir d’autres personnes, souvent des metteurs en scène. Nous voulions mettre en œuvre le terrain de créativité de ce que nous avions envie d’exprimer. Cette compagnie existe depuis quinze ans, elle est née à Avignon et même si maintenant j’habite Toulouse, la compagnie reste basée là-bas, cela crée un élargissement des perspectives entre l’Occitanie et la région PACA où le réseau est toujours assez fort.

Comment est né le spectacle “Madame – histoire chantée des femmes qui m’ont précédée » ?
Comme le sous-titre l’indique, je m’intéresse à celles qui m’ont précédée ! L’idée du spectacle est née en m’interrogeant sur mon propre parcours, car je sentais que parfois je me heurtais à des choses qui me dépassaient. En devenant mère, j’ai eu la sensation d’avoir une responsabilité dans ce que j’allais transmettre. J’étais une femme porteuse de l’héritage des femmes et hommes qui m’avaient précédée, et je devais le transmettre à ma fille. C’était comme si je lui devais une sorte de tri de conscience, un regard sur ce qui était transmis : je devais penser à ce que je pouvais trier pour elle et pour moi.

Comment se déroule le spectacle ?
“Madame – histoire chantée des femmes qui m’ont précédée » a une forme un peu hybride, le fil narratif est un dialogue entre deux personnages : Régine, environ quatre-vingt-dix ans et sa petite fille Bénédicte, la quarantaine, violoncelliste. Bénédicte arrive chez sa grand-mère qui lui prépare un repas et des discussions naissent : les questions de la petite-fille à sa grand-mère, et les réponses qu’elle veut plus ou moins lui apporter, mais surtout ce qu’elle cache. Il y a également des flash-backs dans la vie de Régine, ce que ces discussions font ressurgir des souvenirs de sa vie de jeune femme, et certains moments telles des parenthèses, de l’ordre du philosophique ou du poétique, ainsi que beaucoup de chansons. La musique est très présente, Véronika Soboljevski, ma partenaire sur scène joue du violoncelle et nous chantons toutes les deux ! Celine Baudino a également réalisé un travail sonore merveilleux, et une création lumière évocatrice, poétique et précise a été faite par Michèle Milivojevic.

Weena Truscelli

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