Matt B – Se dévoiler.

Arts plastiques

Performance en duo
La Tour Royale – Toulon
Samedi 28 août à 19h30

 

Matthieu Belleville a commencé le street art dans les années 90. Avec un style bien à lui, il expérimente la plume, l’encre, l’acrylique avec ses peintures sur toile, mais aussi la gravure, la sérigraphie et la sculpture pour dépasser les frontières du graffiti. Après des centaines de performances à travers le monde, il nous parle de celle qu’il fera pour Cinéma en Liberté et qu’il attend avec impatience.

Ce n’est pas la première fois que tu vas créer sur scène avec Captain XXI. C’était comment, justement, cette première fois ?
C’était vraiment pas mal, une très bonne expérience ! On a commencé ce genre de performances il y a longtemps, mais on avait envie de continuer à en faire régulièrement. On est des amis de longue date, on a grandi dans la même ville, on connaît bien nos univers respectifs. On est également habitués au live et on a les mêmes goûts musicaux. On a l’impression d’être en famille ! En général, on prépare une intro et une sortie, puis sa musique me guide. L’atmoshpère de la peinture va se faire selon le rythme, le tempo, le ressenti. Il joue souvent des musiques électroniques ou de la world.. Je découvre son set et j’improvise. C’est donc toujours une surprise pour moi, comme pour le public ! Cette fois, on ne fera pas la performance de nuit, ce sera donc différent. Nous n’avons pas travaillé ensemble depuis deux ans, ce seront de belles retrouvailles !

Qu’est ce que tu aimes dans cette pratique de la performance ?
Se dévoiler face au public ! Il m’a beaucoup manqué. On se met en danger, on se sépare de ses techniques. J’utilise les deux mains, le pinceau, le chiffon… Je tente des choses que je ne tente pas en atelier. C’est un travail très instinctif et spontané. J’ai quand même mes automatismes dans lesquels je suis à l’aise, mais je vais prendre plaisir à risquer des choses que je ne ferais pas chez moi. Il faut gérer le temps aussi, tout en laissant libre court à son imagination.

Qu’attends-tu de ce festival Cinéma en Liberté ?
Déjà de passer un bon moment ! J’ai déjà participé au festival, lors de sa première édition : j’avais fait une performance avec un trio féminin, c’était super  ! C’est un moment important, un moyen de s’exprimer et de montrer son travail. D’ailleurs, en parallèle, je vais faire une exposition de mon travail personnel à la Galerie « Les Frangines ». Pour ceux qui me découvriront pendant le live, c’est l’occasion d’apprendre à mieux connaître ma pratique ! Bien sûr, je vais réfléchir aux liens entre graffiti et cinéma, mais je ne vais pas changer mes habitudes. Je vais me laisser porter par la sélection de morceaux très cinématographiques que prépare Captain XXI…

Ton travail est aussi un hommage à la féminité. Pourquoi cette thématique ?
Ça a été le cas jusqu’à maintenant. Je me suis toujours intéressé au côté maternel car j’ai une relation forte avec ma mère. J’ai aussi été inspiré par mes relations amoureures au fil de ma carrière, de mes vingt ans de travail. Je pense que c’est ma part de ma féminité. Le corps m’a toujours inspiré, et la femme représente quelqu’un de bienveillant autour de moi. Ça fait partie d’une de mes sources d’inspiration. J’ai commencé avec le lettrage. Mon travail est très graphique, avant tout composé de traits. Mais, j’ai toujours caché des visages à l’intérieur de ces traits. C’est une évolution d’années en années, ça ne s’explique pas ! Plus je libère mon trait, plus je sais qui je suis.

Juillet 2021