Mike & Riké de Sinsémilia – Sur scène, on découvre le plaisir de faire rire.
« Tout le bonheur du monde… ou presque », dans le cadre du Festival de Théâtre de Solliès-Pont du 23 au 26 avril.
Tout le monde connaît le groupe Sinsémilia, mais cette fois-ci, Mike et Riké, les deux chanteurs viennent présenter à la troisième édition du Festival de Théâtre de Solliès-Pont, parmi cinq autres spectacles, « Tout le bonheur du monde… ou presque », un spectacle singulier, entre théâtre et concert. Entretien avec Mike.
Vous êtes connus pour vos concerts, mais là vous présentez un spectacle mêlant musique et théâtre, suite de « Souvenirs de Saltimbanques ». Comment est née l’envie de monter ce type de spectacle ?
Au départ, on ne l’a pas fait exprès. On est toujours en recherche de nouvelles expériences. À un moment, on a commencé à faire des concerts chez les gens, chez l’habitant, dans leur salon ou leur jardin. Comme l’ambiance était très intimiste, on s’est mis à raconter des anecdotes entre les chansons. Et ça plaisait énormément. Sans vraiment s’en rendre compte, on était en train de construire un spectacle. On nous disait : « Il faut mettre ça sur scène. » On a essayé… et ça a pris tout de suite. « Tout le bonheur du monde… ou presque » s’inscrit dans la continuité de « Souvenirs de saltimbanques ». On mélange toujours musique, récit et humour. On veut surtout que ce soit accessible à tout le monde, y compris aux gens qui ne connaissent pas Sinsémilia. D’ailleurs, environ 80 % du public n’a jamais vu le groupe en concert. C’est un public différent, plutôt habitué aux théâtres. Pour nous c’était nouveau, et aujourd’hui le spectacle est plus abouti. C’est un exercice différent du concert, et c’est passionnant. Déjà, tourner tous les deux, avec Riké, mon ami d’enfance : on se régale ! Et on découvre quelque chose de nouveau : le plaisir de faire rire. Dans un concert, on reproduit plus ou moins le même spectacle. Là, tous les soirs, on débriefe et on se dit : « Tiens, on pourrait modifier ça ». Dans cette formule à deux, il y a une vraie liberté d’improvisation. On peut rebondir, jouer avec le public, tout en gardant un fil conducteur.
Quelques anecdotes du spectacle ?
On parle d’un sex-shop mythique dans notre parcours, de rencontres improbables avec les douaniers… À un moment, on écrit même une chanson pendant le spectacle et on monte un groupe avec le public. On s’amuse beaucoup. L’esprit est très bienveillant, drôle, un peu stand-up : il y a une part écrite et une part d’improvisation.
La musique reste bien sûr présente…
Oui, évidemment. On est en guitare-voix. On joue des morceaux nouveaux, mais aussi des classiques de Sinsémilia. On interprète bien sûr « Tout le bonheur du monde », mais parce qu’elle trouve sa place dans l’histoire qu’on raconte. Les chansons sont intégrées au récit : les textes sont mis en avant et certaines ont même été écrites spécialement pour ce spectacle.
Vous avez aussi joué plusieurs fois au Festival d’Avignon…
On adore ça. On y retourne pour la troisième année de suite. Franchement, on ne pensait pas un jour faire un festival de théâtre ! On y est allés avec un peu d’appréhension, et finalement ça a été un bonheur. Alors on continue.
Et là vous êtes invités au Festival de Théâtre de Solliès-Pont, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
On est toujours extrêmement touchés d’être invités dans un festival de théâtre. Au départ, il a fallu convaincre quand on disait qu’on ne venait pas faire un concert ! Aujourd’hui, être programmés dans ce type de festival, c’est un peu la récompense de ces dernières années : trouver notre place avec ce spectacle hybride. Et puis dans la région, on a de très beaux souvenirs. On a fait des concerts complètement fous à Toulon ou à La Seyne-sur-Mer. Revenir dans le Sud, c’est toujours un plaisir.
Fabrice Lo Piccolo