
Pierre Dutertre et Anne Krog Øvrebø – Terres d’expression.
Festival Bandol Céramique 2025 du 19 avril au 4 mai
Le Festival Bandol Céramique propose quinze jours dédiés à l’art de la céramique, à travers une exposition, des conférences et ateliers, et le célèbre marché des potiers. Pierre et Anne, céramistes et membres de l’organisation nous détaillent le choix des artistes et les animations.
L’exposition cette année est dédiée aux décors de la céramique, quels artistes avez-vous choisi ?
Pierre : Nous avons voulu explorer comment le décor dialogue avec la forme en céramique. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter un motif sur un support, mais d’intégrer le décor à la structure même de l’objet. Les artistes retenus utilisent des techniques très variées et partageront leur processus lors de rencontres avec le public.
Anne : Ce festival est une occasion unique de découvrir le savoir-faire de céramistes confirmés, qui ont tous au moins quinze à vingt ans d’expérience. Leurs approches sont diverses, allant du dessin à l’engobe, en passant par le transfert de photographies sur céramique ou encore la déstructuration des formes traditionnelles.
Pierre : Nous avons une belle représentation internationale ! Parmi eux, la seule artiste française, Elsa Alayse, bretonne et pluridisciplinaire, sera mise à l’honneur avec une exposition personnelle dans la Maison Tholosan. Il y aura aussi Maria Ten Kortenaar, des Pays-Bas, qui assemble minutieusement des morceaux de terre teintée. L’Allemande Monika Debus, mise à l’honneur sur l’affiche, travaille des formes organiques douces et arrondies.
Anne : Nous accueillerons Alistair Danhieux, originaire d’Angleterre mais installé en France, qui travaille avec des engobes colorés. La Suissesse Rebecca Maeder, enseignante aux Arts Appliqués et formée en Corée, apporte une approche unique en retravaillant des objets traditionnels. Enfin, l’Italienne Sara Dario combine terre et encre pour créer des images fortes sur céramique. Il est important de rappeler que c’est une exposition-vente, c’est une opportunité d’acquérir des pièces uniques à prix abordables.
Le festival propose également des conférences et des animations ouvertes au public et gratuites. Que peut-on en attendre ?
Pierre : Jean-Michel Geneste, préhistorien et ancien conservateur de la Grotte de Lascaux, nous parlera des premières formes d’art et du lien entre les peintures rupestres et les pratiques actuelles. Il donnera deux conférences les 25 et 26 avril, explorant l’évolution de l’image depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.
Anne : Martine Rey animera une conférence sur le Kintsugi, l’art japonais de la réparation à l’or, et nous projetterons un film sur la fabrication d’outils préhistoriques. Il y aura également des ateliers gratuits (sur réservation) de création collective dirigés par la céramiste plasticienne Bérangère Mabé, aboutissant à une fresque exposée le 3 mai.
Le Marché des Potiers reste un moment fort du festival. Quelles sont les nouveautés cette année ?
Pierre : Cette édition réunira soixante-six exposants, avec un espace « Carré des Nouveaux Ateliers » offrant six stands gratuits à de jeunes céramistes. Il y aura aussi des démonstrations impressionnantes, notamment le tournage à la corde par Jean-Claude Signoret et une grande œuvre collaborative par Alexandre Baudino et Sébastien Ziegler.
Anne : Nous poursuivons notre partenariat avec le Lycée professionnel Léonard de Vinci d’Antibes. Les élèves céramistes y joueront un rôle de médiateurs, guidant et conseillant le public. C’est une façon concrète de soutenir les jeunes talents et d’encourager la transmission des savoirs.
Fabrice Lo Piccolo