RAPHAËL – De la musique théâtrale.

“Bande Magnétique” – 4 mai – Centre Culturel Tisot, La Seyne-sur-Mer

Dans son spectacle “Bande Magnétique”, Raphaël propose au public une immersion dans un studio d’enregistrement, où la musique et le théâtre se complètent. Revisitant la forme habituelle du concert, cette représentation promet de belles surprises.

 

Dans votre performance, intitulée “Bande Magnétique”, vous proposez une revisite de votre propre musique mise en scène…

L’idée est d’offrir un spectacle à mi-chemin entre le théâtre et le concert : il y a une narration, une histoire, un fil directeur. J’ai fait beaucoup de concerts dans ma vie, peut-être mille, et j’avais envie de proposer quelque chose de plus ambitieux, plus intense et plus créatif. Il y a tellement de spectacles qu’il est important de proposer de l’originalité. La forme du concert s’épuise : on a besoin de mélanger différents arts.

 

Comment avez-vous abordé ce travail d’interprétation pour ce spectacle ?

Je n’ai malheureusement pas d’expérience dans la réalisation et le cinéma. Mon véritable domaine c’est la musique, écrire des livres et des paroles puis bien évidemment les chanter. Pour ce spectacle, j’ai écrit le texte, puis j’ai reçu l’aide d’un metteur en scène pour le construire et rendre tout cela possible. C’est un plaisir de travailler avec des scénographes et d’autres personnes du monde du spectacle, des vidéastes, des éclairagistes. Le théâtre est un domaine très vaste.

 

Vous avez écrit le scénario de ce spectacle. Laissez-vous de la place à l’interaction avec le public ?

C’est une grande question : il y a des interactions mais elles sont inhabituelles. Il y a une mise en abîme et les spectateurs réagissent beaucoup à ce qu’il se passe et se dit sur la scène. Mais je ne leur parle pas directement. On fait comme si un quatrième mur était dressé, comme au théâtre, entre la scène et le public pendant une grande partie du spectacle. Ça crée quelque chose d’assez étrange et provoque une intensité qui, lorsque le mur tombe, est libératrice pour tout le monde. C’est assez magnifique.

 

Peut-on parler d’une performance introspective ou intimiste ?

Ce qui se déroule sur scène est fictif. Ce n’est pas de l’introspection ou de la psychanalyse, disciplines que je connais finalement assez peu. C’est plutôt un conte fantastique. L’idée est vraiment de raconter une séance d’enregistrement imaginaire, avec un ingénieur du son un peu cinglé qui pourrait lire dans mes pensées et connaître le futur. C’est plus une nouvelle fantastique qu’un travail d’introspection.

 

Hormis cet ingénieur du son, qui vous accompagne sur scène ?

Je chante comme dans une séance de studio : j’ai des bandes magnétiques qui tournent avec moi. Sur ces bandes, on peut mettre ce que l’on veut. L’idée était de proposer des choses inédites, comme des chansons jamais sorties. Les voix des artistes résonnent dans la salle. C’est très beau ; ça donne une dimension spectrale qui fait écho au thème du spectacle. Je suis seul musicien sur scène puis au bout d’un certain temps, l’ingénieur du son, estimant que je ne joue pas assez bien du piano, fait venir un virtuose de cet instrument.

 

Romane BRUN