Séverine Vian & Julia Ollivier – Ollioules, l’écrin des savoir-faires.

Journées Européenne des Métiers d’Arts, du 10 au 12 avril à Ollioules

Ville de Métiers d’Art par excellence, Ollioules s’apprête à vibrer au rythme des JEMA 2026. Pour nous guider dans cette édition, nous avons rencontré les deux visages qui pilotent l’événement : Séverine Vian, la voix du patrimoine et du commerce local, et Julia Ollivier, le nouveau regard créatif à la tête de MANO X ALTO. Ensemble, elles nous dévoilent un parcours immersif où la passion de l’artisan rencontre le regard du public.

Le thème national de cette édition est « Le cœur à l’ouvrage ». Comment ce slogan se traduit-il concrètement dans les rues d’Ollioules ?
Séverine : Pour nous, le « cœur à l’ouvrage », c’est d’abord l’énergie que nous mettons à faire d’Ollioules un écrin pour nos artisans. Ce sont eux les stars ! Ils ouvrent leurs ateliers toute l’année, et ces journées sont un coup de projecteur sur leur engagement quotidien.
Julia : Au centre des Métiers d’Art MANO X ALTO, nous avons choisi de décliner ce thème à travers la notion d’ex-voto. Avec certains artistes nous travaillons sur ce lien intime entre l’esprit, le cœur et la main pour célébrer la noblesse du geste artisanal. L’idée est de proposer des œuvres originales qui révèlent la dimension presque spirituelle de la création, une même intensité que l’on retrouve chez les verriers invités, pour qui chaque souffle dans la matière en fusion engage tout l’être.

Le parcours de cette année semble particulièrement riche, entre tradition et modernité. Quelles sont les étapes clés de cette déambulation ?
Séverine : C’est un voyage poétique. On part du Musée de la Fleur avec Gaspard de Besse pour arriver à la salle de la Criée qui accueille nos invités d’honneur : les prestigieux Verriers de Biot, héritiers du verre bullé né en 1956, dont plusieurs figures majeures incarnent aujourd’hui l’excellence et la transmission du geste. Le parcours continue jusqu’à l’univers de Paprika, une exposition de Luc Patentreger à la salle Puget, sans oublier le Musée de la Clé et de la Serrure où un Meilleur Ouvrier de France sublimera le métal lors de démonstrations. Pour l’occasion, la Maison du Patrimoine sera gratuite !
Julia : La modernité s’invite aussi via le numérique ! Au FabLab, nous montrerons que la technologie est le prolongement du geste traditionnel. C’est un outil au service de la création pure. Et puis, il y aura des moments insolites : des combats de chevaliers, de la musique et même un tailleur de pierre jouant du cor des Alpes !

La transmission est au centre de vos préoccupations, notamment auprès des plus jeunes. Comment les impliquez-vous ?
Séverine : C’est primordial. Nous voulons leur montrer que les métiers de la main sont des métiers d’avenir. Le village des ferronniers accueille les élèves et professeurs du Lycée Langevin : voir cette transmission du feu et du fer en direct est exceptionnelle. Certains jeunes choisissent ensuite de s’orienter vers ces métiers passion.
Julia : Nous proposons aussi des initiations gratuites. Le but est que le visiteur ne soit pas passif : il doit devenir acteur. En touchant la matière, on comprend mieux la valeur de l’objet unique et on sensibilise les générations au patrimoine vivant.

Si vous deviez décrire l’atmosphère que vous souhaitez offrir aux visiteurs ?
Séverine : Une fête généreuse ! Une ville en fleurs, de la musique déambulatoire avec la troupe « Bâton Rouge », et surtout des rencontres authentiques avec les créateurs. Ollioules devient un parcours artistique à ciel ouvert où chaque ruelle réserve une surprise.
Julia : Je dirais la convivialité et la découverte. Après avoir découvert l’excellence des ateliers et de nos invités d’honneur, j’invite les gens à venir se poser dans les transats à MANO X ALTO, pour profiter de la douceur d’Ollioules. C’est un moment de partage accessible à tous.

Julie Louis Delage