Simone Rizzo, La danse est mon mode d’expression. En partenariat avec MadeInVar.Tv

AVEC MADEINVART.TV

La seynoise Simone Rizzo est chorégraphe et interprète de la Ridz Compagnie, qu’elle a créée en 2012. Elle danse également, entre autres, pour Cornucopiae, la compagnie de Régine Chopinot, et pour Serge Noyelle et Marion Coutris du théâtre Nono. Elle fait partie des compagnies suivies par Mozaic. Nous l’avons filmée en partenariat avec MadeInVar.Tv sur la plage des Sablettes.

 

Quel fut le déclic qui t’a poussé à te lancer dans une carrière professionnelle ?

Maria Fendley, la personne qui m’a formée de cinq à dix-neuf ans. Elle m’a offert le choix de passer professionnelle. Je faisais des études de STAPS. J’ai passé les auditions du Centre Nationale de Danse Contemporaine d’Angers, et j’ai été prise. C’est une superbe école, assez complexe, de grands chorégraphes vous donnent des cours différents toutes les semaines, il faut beaucoup d’adaptabilité. On apprend à être un artiste chorégraphique complet, pas uniquement un interprète. Ça m’a donné le goût de la chorégraphie. Je savais que si je devenais danseuse, ce serait accompagné de l’art chorégraphique, j’ai toujours eu cette envie de créer. Dès ma sortie, j’ai été engagée par Pascal Montrouge, chorégraphe hyérois originaire de la Réunion, avec qui j’avais déjà travaillé.

 

Comment naît une création ?

Ça naît de plusieurs envies, d’une sensation profonde différente à chaque fois. Sur mon premier projet solo, « Le jeu de l’œil », c’était une sensation personnelle. Je parle d’une marionnette, quelqu’un propulsé sur un piédestal par rapport à son image. Elle veut s’en défaire pour montrer ce qui se passe à l’intérieur. Sur « Un certain rythme », je voulais travailler sur la musicalité. Cela revient dans « Louis Pie XIV », mais en défendant un propos plus social, je soulève la question du pouvoir que l’on a sur l’autre, et comment on s’en défait ou on s’en accommode.

 Mais quelque chose revient dans les trois spectacles, une excessive corporalité. J’ai beaucoup de choses à dire me concernant, le corps est très investi. Aussi ce travail sur la musicalité, qui vient de ma formation. J’ai toujours travaillé cela avec Maria. J’ai su très jeune que la parole n’allait pas être mon point fort, d’où ce choix de travailler avec le corps. J’avais cette sensation intérieure de vouloir exprimer quelque chose de très fort et de ne pas savoir comment. Comment exprimer cette chose qui brûle en moi ? Quels mots je trouve ? Je les trouve par le corps principalement, toujours en essayant d’être au plus proche de mes sensations.

 

Qu’est-ce qui fait, selon toi, la qualité d’un spectacle de danse ?

La sincérité du créateur. Le chorégraphe qui dévoile son message, son envie de travailler sur une image, une musique, une influence, et avec quelle sincérité il arrive à le transmettre à ses interprètes et au spectateur.

 

Penses-tu que la danse ait une fonction éminemment sociale ?

C’est certain. Je suis persuadée qu’on est obligés de créer l’interaction. Notamment par rapport au travail que le créateur va offrir sur le territoire, comment il va s’adresser au public et aller le chercher. Mais aussi tout ce que cela peut débloquer d’être un peu plus à l’aise avec son corps. Il y a un malaise sur la fonction et l’image qu’ont le corps. D’autant plus aujourd’hui cette fonction sociale est là. Auprès des enfants, des jeunes adultes, des adultes, nous aidons la réappropriation du corps. C’est d’ailleurs comme cela que je nomme les interventions que je fais en atelier à la Seyne. Nous n’apprenons pas à danser mais à se réapproprier le corps par la danse, à connaitre les capacités de son corps et comment le corps détient les solutions du bien-être. Au-delà de la grande expression, d’une grande technique, du spectacle, la danse a une fonction sociale car elle peut être ouverte à tous.

 

Pour toi la création est-elle un besoin, une urgence ou une démarche sereine ?

C’est une nécessité pour pouvoir parler. Enfant c’était une réelle urgence, dès qu’il existait quelque chose que je n’arrivais à comprendre ou à dire, je me réfugiais dans l’excès de danse. Aujourd’hui la danse rend ma démarche personnelle sereine. J’y ai trouvé ma sérénité. Ce n’était pas le cas au départ.

 

Quelle est ton actualité ?

Nous terminons la tournée de Louis Pie XIV, la prochaine date sera 1er février 2018 à Cavaillon. Nous avons démarré la création 2018 qui se déroulera en novembre et décembre 2018 à Marseille au Théâtre Nono. Serge Noyelle et Marion Coutris m’ont accordé leur confiance en me proposant d’être artiste associée. Je reprends également mon projet solo qui avait un goût d’inachevé, il était réalisé en auto production et mérite d’être revisité, notamment pour avoir un regard extérieur, pour pouvoir continuer à chercher. Egalement sur les costumes, qui sont un leitmotiv du travail que je souhaite poursuivre. J’ai également une activité sur le territoire importante. Des ateliers à la Seyne au lycée Beaussier en option Art Danse. Je continue l’alliance avec le centre Nelson Mandela de Serge Léger à la Seyne. Nous travaillons avec femmes et enfants sur une sensibilisation à la danse. Avec Maria Fendley, nous avons monté une compagnie préprofessionnelle ouverte aux enfants de dix à dix-huit ans qui souhaitent s’investir dans la danse. Ils bénéficient gratuitement d’un atelier chorégraphique tous les samedis après-midi, où nous leur faisons parcourir le système de création, l’improvisation, la création d’un spectacle. Un premier spectacle a vu le jour en juin 2017 : « Quand fond la neige où va le blanc ». Il va continuer à tourner cette année, en se modifiant. Je crois en ce relais-là auprès des adolescents.

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