Stella Yme – Une musique intuitive et sans frontières.
En concert le vendredi 3 avril à l’Espace des Arts au Pradet
À l’occasion de son concert le 3 avril à l’espace des Arts du Pradet, l’artiste revient sur son univers musical, fait d’intuition et d’exploration. Entre racines varoises, influences soul et goût du voyage, elle défend une musique libre, organique et profondément personnelle.
Vous serez en concert au Pradet le 3 avril. Comment décririez-vous votre univers musical ?
Je dirais qu’il est avant tout intuitif et expérimental. J’aime me laisser guider par ce que je ressens sur le moment, sans me fixer de cadre trop rigide. Cela reste une musique accessible, mais je tiens à garder une dimension de recherche, d’exploration. Je compose avec ce que je traverse, avec les instruments qui m’entourent. C’est quelque chose de très personnel, une introspection, une douceur, une chaleur… et une surprise. Ce sera un moment sincère, sensible, porté par la voix et l’énergie du live. Et je suis très heureuse de partager cette soirée avec Nawal, dont j’admire profondément l’univers. J’espère que le public viendra avec curiosité et ouverture : le reste se fera naturellement.
Y a-t-il des artistes qui vous ont inspirée ou guidée dans votre parcours ?
Bien sûr. Même si ce que je fais ne leur ressemble pas directement, certaines voix m’ont profondément marquée. Indira — que j’admire énormément —, Erykah Badu pour sa liberté et sa singularité, mais aussi les grandes chanteuses comme Nina Simone ou Billie Holiday. Elles ont ouvert des chemins. Cela dit, je ne cherche pas à m’identifier à un style précis. Je fais la musique comme elle vient.
Vous travaillez avec un home studio mobile et des instruments parfois traditionnels. Est-ce important pour vous ?
Oui, énormément. Le voyage fait partie de moi depuis très jeune, et la musique du monde m’a toujours accompagnée. J’ai commencé à voyager à dix-sept ans, et ces expériences ont forgé mon identité artistique. J’ai eu la chance de rencontrer des luthiers, d’en compter parmi mes amis. Utiliser certains de leurs instruments, c’est une manière de leur rendre hommage. Sur scène, le 3 avril, ma voix sera vraiment l’élément central, soutenue par un looper et quelques percussions. Je préfère garder une part de surprise, mais ce sera un concert très organique.
Comment naissent vos chansons ? Y a-t-il un processus particulier ?
Il n’y a pas de règle. Parfois un texte arrive en premier, presque comme un poème, et je trouve ensuite la mélodie. Parfois c’est l’inverse : une mélodie surgit et j’écris dessus. La plupart du temps, j’écris d’abord, puis je développe autour d’une ligne musicale. Je compose dès que possible, souvent en déplacement, grâce aux outils numériques d’aujourd’hui. Il suffit d’une petite idée captée dans un mémo vocal. L’essentiel, c’est de ne pas laisser passer l’inspiration.
Vous avez grandi dans le Var. Que représente ce territoire pour vous ?
Je suis née à Paris, mais je suis arrivée au Lavandou à l’âge de quatre ans. J’ai grandi ici, dans un cadre magnifique. Le Var est un territoire très riche, entre mer, forêts et villages de pierre. J’ai une affection particulière pour les hauteurs de Bormes-les-Mimosas, notamment la forêt du Dom, que je trouve presque mystique. Mais j’aime aussi Toulon, les petits villages médiévaux, les cascades… Toute la région PACA fait partie de moi. Même après avoir vécu à l’étranger, notamment en Thaïlande, je me rends compte que je porte ces paysages en moi. Grégory Rapuc