Adrien Porcu – Fragments de moi.

Arts plastiques

Créateur du trophée

du festival

 

Un artiste qui considère chaque partie de sa vie comme de l’art, polyvalent, amoureux de sa profession et pétri de talent. Adrien Porcu est celui qui fera les trophées de cette dixième édition du festival.

Comment as-tu su que tu voulais devenir artiste ?
Quand j’étais enfant, je regardais ma mère peindre. Elle faisait de la peinture à l’huile. Je voyais ce qui se passait sur la toile, à quinze centimètres. ça m’a donné encore plus envie de dessiner. Puis, j’ai fait mes études aux Beaux-arts. Les quatre premières années à Toulon et la dernière à Clermont-Ferrand. C’était très dur : ce qu’ils nous demandent de réaliser est tellement personnel, c’est compliqué et très beau en même temps. Je suis heureux d’avoir pu réaliser mon rêve en étudiant dans une école d’Art.

Tu es aujourd’hui enseignant aux Beaux-Arts, en quoi cela influence-t-il ta pratique artistique ?
J’enseigne en ateliers libres, la sculpture et le dessin général. Par ailleurs, je suis intervenant en psychiatrie à la Seyne et à Ollioules pour les adolescents psychotiques. Cela me permet, entre autres, de travailler ma patience. Le fait de transmettre notre savoir aux autres fait que l’on s’écoute mieux nous-mêmes. Tous les conseils que je donne, je les applique plus qu’avant.

Quelles différences y a-t-il entre ton travail de peinture et celui de sculpture ?
Pour moi la création artistique c’est comme la vie, parfois on est heureux, d’autres fois on est en colère, donc mon travail dépend de quelles sont mes émotions à ce moment-là. La création fait partie d’un tout, c’est une petite pièce de puzzle dans un plus grand puzzle. Souvent, quand je regarde une œuvre, soit la mienne, soit celle de quelqu’un d’autre, j’ai du mal à la considérer comme quelque chose de fini, avec une vie à part entière. Je suis toujours curieux de ce que ça pourrait être d’autre. Pour moi, il n’y a aucune différence entre sculpture et dessin, je considère que tout est art et que tout compte, un dessin, une sculpture, une vidéo, ou passer un moment en famille, tout est inspirant. On trouve de la création partout. Mes dessins et mes sculptures sont simplement un fragment de moi-même.

Comment as-tu connu le Festival Cinéma en liberté ?
Lisa est mon amie. On a étudié ensemble aux Beaux-Arts et elle y enseigne également. Elle a fait un appel à projet à l’école, il y a deux ans, pour créer les trophées du festival, et j’ai postulé. La première année, nous étions deux sélectionnés puis j’ai continué seul l’année suivante. Ce sera, cette année, le troisième trophée que je crée pour le festival. Comme sources d’inspirations, je m’appuie sur le début et le pendant. Quand je suis en train de découvrir, j’envisage toutes les fins possibles et alors même que j’ai choisi un chemin particulier, je continue à entrevoir les autres. C’est ça le plus excitant pour moi. Pour ces mêmes raisons, je n’ai pas de matériau préféré. Que ce soit pour mes dessins ou pour mes sculptures, j’essaie de trouver le matériau, métal, bois ou autre, qui va le mieux correspondre à mes sentiments du moment.

Juillet 2021