Antoine Donneaux – Imitateur… et conteur d’émotions.

« Imitateur mais pas que ! », le 7 mars au Théâtre Galli à Sanary

Révélé au grand public par « La France a un incroyable talent », l’humoriste et imitateur belge Antoine Donneaux trace depuis un parcours fulgurant entre la Belgique et la France. À l’occasion de sa venue au Théâtre Galli à Sanary-sur-Mer, le 7 mars prochain, il revient sur son évolution et ses inspirations.

Dans “Imitateur mais pas que !”, vous allez au-delà de la simple imitation. À quel moment avez-vous senti que vous vouliez raconter davantage que des voix ?
“Imitateur, mais pas que !” signifie avant tout que le spectacle n’est pas un simple enchaînement d’imitations. Je ne voulais pas proposer un florilège de voix sans lien entre elles. Il y a un véritable fil conducteur : mon père, un Ardennais pudique qui a du mal à exprimer ses émotions. À travers lui, je raconte comment j’ai commencé l’imitation, comment je me suis découvert cette passion, et je partage des anecdotes personnelles qui donnent une autre dimension au spectacle.
J’ai toujours aimé l’humour absurde, le décalage, l’improvisation. Les imitations sont un outil formidable, mais elles ne suffisaient pas à raconter ce que j’avais envie de raconter. Je souhaitais que le public entre dans mon univers, qu’il comprenne d’où je viens et pourquoi je fais ce métier. Alors on a tout rassemblé : les voix, les souvenirs, l’émotion et le second degré.

Votre parcours vous a mené de la Belgique aux grandes scènes françaises. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette évolution ?
Je suis très reconnaissant d’avoir participé à « La France a un incroyable talent ». C’est grâce à cette émission que je peux aujourd’hui parcourir la France, parfois même dans des endroits où les Français eux-mêmes n’iraient pas (rires).
C’est une chance immense de pouvoir remplir des salles en Belgique mais aussi en France. Tout est allé très vite, presque trop vite parfois. Il y a encore peu de temps, je jouais dans des petites salles, et aujourd’hui je découvre de grandes scènes et de nouveaux publics. Je mesure la chance que j’ai et j’essaie d’en profiter pleinement.

Comment choisissez-vous les personnalités que vous imitez ? Est-ce une question de voix, de musicalité… ou d’obsession personnelle ?
Je choisis d’abord en fonction de ma tessiture. Je suis baryton-basse, donc je ne peux pas tout faire. Il y a une réalité technique qu’il faut accepter.
Ensuite, il y a l’inspiration que me donne le personnage. Certaines personnalités ont une musicalité ou une manière de parler qui déclenchent immédiatement des idées. Emmanuel Macron, par exemple, est très inspirant. C’est d’ailleurs le seul personnage politique que j’interprète, et je précise que je ne fais pas de politique dans le spectacle.
Enfin, il faut que la voix soit reconnaissable. Le public doit identifier immédiatement la personnalité. Elle doit être connue, actuelle, sans être datée. C’est un équilibre à trouver pour surprendre sans tomber dans la caricature facile.

Le public du sud a la réputation d’être chaleureux et expressif. Adaptez-vous votre énergie ou votre écriture selon les régions où vous jouez ?
En général, le public me porte beaucoup. La scène est pour moi un véritable échange d’énergie. Si le public est chaleureux, je le deviens encore plus. Il y a quelque chose de très instinctif dans ce partage.
Je n’adapte pas vraiment l’écriture, mais je peux moduler le rythme, laisser plus de place à l’improvisation ou à l’interaction selon l’ambiance. Chaque soir est différent, et c’est ce qui rend ce métier passionnant. Le public fait partie intégrante du spectacle.

Grégory Rapuc