Antoine Villeneuve – L’appel de la couleur
Exposition, « L’Abstraction est une couleur“, jusqu’au 1er novembre, Musée du Niel, Presqu’île de Giens.
Antoine Villeneuve est commissaire des expositions du Musée du Niel, un endroit enchanteur perché sur une colline au dessus d’un petit port au bout de la presqu’île de Giens, et spécialisé dans des mouvements artistiques de la deuxième moitié du 20ème siècle.
Afin de contextualiser l’exposition, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le musée du Niel ?
Entouré d’un paysage extraordinaire, situé au bout de la presqu’île de Giens, face aux îles de Porquerolles et Port-Cros, le musée du Niel se dresse sur les hauteurs du tout petit port du Niel, avec ses quelques bateaux, ses pêcheur et la petite criée du matin. Conçu par l’architecte toulonnais Jacques Chapon, le bâtiment a été entièrement refait et a ouvert ses portes en tant que musée en 2023. De taille relativement modeste, le lieu bénéficie d’une situation exceptionnelle, d’une luminosité et d’un “éclairage maritime“ absolument incroyables. Le musée du Niel est l’écrin de la collection de Jean-Noël Drouin, collection conçue en plusieurs mouvements et dans des directions assez précises. Elle est surtout consacrée à l’abstraction de la deuxième moitié du vingtième siècle (souvent française) qui, comme son nom l’indique, ne figure rien de particulier, puis elle se prolonge dans deux directions principales, l’art singulier (art brut), souvent assez puissamment figuratif, et de façon un peu plus “pointue“, vers le mouvement supports/surfaces, qui a voulu révolutionner l’art après mai 68.
Le titre de l’exposition “L’abstraction est une couleur“, ouvre à la réflexion, qu’avez-vous voulu signifier ?
Ce lieu est propice à l’expression des couleurs les plus éclatantes. Le ciel bleu, les pins, la terre rouge, le turquoise de la mer, cet environnement demande la couleur ! En essayant de bâtir quelque chose autour de cela, nous nous sommes aperçu que le fait de l’expression abstraite ajoutait quelque chose aux couleurs. Cette transformation – due à l’expression abstraite – consiste principalement a ajouter un élément à la couleur. Cet élément peut être la forme, le geste, le rythme, toute une série de choses qui sont constitutives de l’abstraction. On a le sentiment, quand on mélange tous ces critères abstraits à la couleur, d’obtenir une nouvelle couleur. Un jaune ou un orange figuratifs ne sont pas forcément les mêmes qu’un jaune ou un orange faisant partie d’une composition abstraite. Il y a une valeur ajoutée, un filtre abstrait, qui échappe un peu à la classification habituelle des couleurs, d’où l’idée de “l’abstraction est une couleur“.
Comment se déroule la scénographie de l’exposition ?
Nous avons choisi avec Eric Morin, scénographe de l’exposition, d’emprunter une série de couleurs à l’architecte Le Corbusier. Les présentations n’utilisent pas toute la surface des murs et sont structurées par la couleur, créant ainsi de nouveaux espaces. Il semblerait, d’après les retours des visiteurs, que cela donne un rythme de visite très agréable, dynamique et parfaitement adapté au fait que l’abstraction soit une couleur !
Quel parcours vous a amené jusqu’au musée du Niel ?
J’ai fait la plus grand partie de mon parcours à la télévision, pour Canal +, le groupe Lagardère ou encore Walt Disney. Puis, la cinquantaine venue, j’ai voulu changer de direction et j’ai ouvert une galerie d’art à Paris dans le Carré des antiquaires. Mon idée était principalement, de faire redécouvrir certains peintres abstraits, et je suis me spécialisé dans ce domaine. J’ai alors rencontré Jean-Noël Drouin, nous avons beaucoup discuté et c’est de là qu’est né l’idée de bâtir ensemble une collection …