Yvan Tesi – J’aime l’idée de réinventer les lieux que l’on connaît.

Hors-Série Arts Plastiques 2026

Exposition Balade provençale du 7 au 29 août

À l’occasion de son exposition à la Galerie Cravéro au Pradet, l’illustrateur varois Yvan Tesi dévoilera un univers mêlant paysages méditerranéens, lumière du Sud et imaginaire graphique. Entre cartoon et semi-réalisme, l’artiste installé dans le Var raconte un parcours atypique, ses inspirations et les œuvres inédites qu’il prépare pour cette exposition.

Votre parcours n’a rien de classique : comment êtes-vous arrivé à l’illustration ?
À la base, j’étais plombier. Puis j’ai eu envie de changer de vie et de me reconvertir. Je me suis tourné vers le graphisme et, pendant ma formation, j’ai rencontré un professeur qui était lui-même illustrateur. Ça a été un déclic. Petit à petit, je me suis orienté vers ce domaine jusqu’à en faire aujourd’hui l’essentiel de mon activité. Je fais encore un peu de graphisme, des cartes pour des restaurants par exemple, mais 95 % de mon travail, c’est l’illustration. Avec le temps, c’est devenu une évidence : aujourd’hui, c’est vraiment ce qui m’anime au quotidien.

Votre style est très identifiable, entre cartoon et réalisme. Comment le définiriez-vous ? Et comment ce langage graphique s’est-il imposé à vous ?
Je parle souvent de “cartoon semi-réaliste”. Il y a un côté cartoon dans le dessin, les formes, les personnages ou certains détails, mais un traitement plus réaliste de la lumière et des ombres. J’ai été nourri par les films d’animation, la bande dessinée, les univers très colorés. Ce sont des références qui remontent à l’enfance et qui se sont imposées assez naturellement dans ma façon de dessiner. Pendant mes études, on nous orientait davantage vers un style réaliste, mais j’ai toujours eu envie de revenir vers quelque chose de plus vivant et plus chaleureux.

On retrouve souvent une identité méditerranéenne dans vos œuvres. Est-ce devenu votre signature ?
À la base, je faisais surtout de la fantasy. D’ailleurs, il y aura aussi quelques pièces de cet univers dans l’exposition. Mais quand mon style a commencé à se structurer, j’ai eu envie de l’appliquer à des affiches de villes. J’avais toujours vu ce genre d’illustrations dans des styles plus vintage, inspirés des ancienne affiches touristiques. Je me suis demandé ce que cela donnerait avec un univers plus contemporain, plus cartoon. Des amis commerçants ont commencé à exposer mes créations dans leurs boutiques, le public a accroché et c’est parti comme ça. Aujourd’hui, j’aime particulièrement l’idée de réinventer des lieux que les gens connaissent déjà et de leur donner une autre atmosphère, presque un regard un peu rêvé.

Que préparez-vous pour votre exposition à la Galerie Cravéro ? Le public découvrira-t-il des œuvres inédites ?
Il y aura des œuvres récentes, certaines créées spécialement pour l’occasion, notamment autour du Pradet. J’avais envie de proposer quelque chose qui dialogue avec le lieu. Jusqu’à présent, je travaillais surtout en numérique, avec une tablette sur laquelle je dessine directement, mais je développe progressivement une
pratique plus traditionnelle. À terme, j’aimerais aussi proposer des ateliers, avec un rapport plus direct au public et une dimension un peu plus humaine dans ma pratique.

Y a-t-il un lieu du Var qui vous inspire particulièrement ?
Je n’en ai pas un seul. Pendant longtemps, j’ai beaucoup dessiné les plages. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller davantage vers les villages, parfois un peu oubliés mais pleins de charme. Cela dit, s’il fallait citer un lieu qui me touche particulièrement, je dirais l’anse Méjean. C’est un endroit où j’allais quand j’étais enfant. Je crois que ce sont souvent les lieux liés à des souvenirs qui inspirent le plus naturellement.

Grégory Rapuc