Caroline Deruas, Pour un cinéma plus libre

« Cinéma en Liberté » 31.05 – 01.06 Tour Royale – Toulon

02.06 Le Royal – Toulon

 

Pour sa huitième édition, le Festival international de courts-métrages Cinéma en Liberté, dirigé par Lisa Dora Fardelli, a une marraine qui le représente bien. Caroline, est une femme orchestre du cinéma, elle écrit, joue, réalise… Elle est également revendicatrice, et défend toutes les formes de cinéma, courts ou longs, du moment qu’ils sont faits dans la créativité et la liberté.

 

Pourquoi avoir accepté d’être la marraine de ce festival  ?
Ce qui me fait écho, c’est d’abord Festival de Courts-métrage, puis, en Liberté. J’ai une sensation de manque de Liberté en ce moment dans le cinéma. Le court-métrage permet justement d’avoir plus de liberté, on peut faire de l’expérimentation. J’ai également une amie, Cécilia Poggio, qui aide sur le Festival. Nous étions ensemble au lycée, en option cinéma à Cannes. Bien sûr, le côté Sud est important aussi.

Quelle est la différence entre la réalisation d’un court-métrage et celle d’un long métrage ?
Il ne devrait pas y avoir de différence, à part le fait de déployer plus la narration. Le problème est qu’aujourd’hui le cinéma est prisonnier de l’industrie. C’est plus cruel, plus complexe. Alors que le court métrage permet l’élan, dans le long métrage existe la tyrannie du scénario : il faut écrire, écrire, écrire. Les films de La Nouvelle Vague ne pourraient pas se faire aujourd’hui. Je suis très attachée au Court Métrage, et souhaite en réaliser toute ma vie. Pour moi, c’est du cinéma à part entière, certaines idées doivent se faire en douze minutes, d’autres en vingt-six, d’autres en cent vingt. Je trouve que le monde du court-métrage n’est pas assez considéré. Il y existe des chefs d’œuvre absolus.

Votre premier long métrage «L’indomptée» se déroule à la Villa Médicis, pourquoi ce choix ?
J’ai tenté le concours, puis y ai passé un an. Mais cela ne me suffisait pas, j’avais besoin de m’approprier ce lieu différemment. J’y suis donc retournée deux ans plus tard, pour prolonger mon histoire avec cet endroit.

Comment se porte le cinéma français ?
Nous sommes dans une période extrêmement créative. J’ai beaucoup d’amis qui font du très bon travail : Bertrand Mandico, Virgile Vernier… Mais c’est devenu un casse-tête, politique, commercial. C’est un peu devenu de la résistance. Avant le CNC savait que sa mission était d’aider les films indépendants avec l’argent des films qui faisaient beaucoup d’entrées. Aujourd’hui ils refinancent d’autres films qui font de l’argent. Bien sûr, nous restons chanceux par rapport à d’autres pays. Mais je regrette que dans cette période créative, on ne la porte pas plus, qu’il n’y ait pas une reconnaissance, une envie de voir ce cinéma fleurir.

Quels sont vos projets ?
Je viens de finir «Les immortelles», un court-métrage sur l’adolescence, avec ma fille, à propos d’une amitié immortelle et je recherche des financements pour en tirer un long métrage sur le même thème. Le but est de tourner l’année prochaine dans le Sud avec ma fille, qui a vingt ans et sera d’ailleurs dans le In du Festival d’Avignon cette année.

 

Site Officiel du Cinéma en Liberté