Christian Houllé – Conte musical pour petits et grands.

Rétropolis des Weepers Circus, le 6 mai 2026 au Théâtre L’Escale à La Garde

Quatre garçons hauts en couleur, Christian Houllé et ses trois acolytes, explorent Rétropolis, une cité étrange où les enfants ont mystérieusement disparu. Musique, théâtre et humour s’y mêlent pour créer un conte musical poétique et participatif, qui entraîne petits et grands dans un univers drôle, coloré et plein de surprises.

Vous avez commencé en 1988 comme un groupe de copains. Depuis, vous développez un univers à la croisée de la musique, du récit et du théâtre. Comment est né ce désir de mise en scène ?
Au début, c’était surtout pour se démarquer des autres groupes. Monter sur scène habillé comme dans la vie quotidienne, c’était trop réaliste par rapport à notre univers poétique. On a décidé de créer des personnages et d’inventer un monde à part. Cette approche théâtrale s’est imposée naturellement et accompagne aujourd’hui tout notre travail pour le jeune public, en donnant à nos spectacles une dimension à la fois musicale, narrative et visuelle.

Aujourd’hui, vous vous définissez comme un groupe ou comme une compagnie ?
Pour la musique adulte, on reste un groupe, mais dès qu’on s’adresse aux enfants, on est davantage une troupe. Nos spectacles mêlent mise en scène, narration et musique : chacun de nous est musicien et personnage à la fois, et tout doit fonctionner ensemble. Avec trente ans de carrière derrière nous, on continue de se réinventer à chaque spectacle, tout en gardant l’esprit d’origine de notre groupe de lycée.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous adresser aux enfants ?
En 2009, un producteur nous a proposé d’adapter notre univers pour eux. On a accepté à reculons, puis on a sorti le livre-disque « À la récré », illustré par Tomi Ungerer, avec lequel on a fait cent cinquante dates de tournée ! Ce rapport décalé aux enfants nous a tellement plu qu’on a continué. Avec eux, on peut se lâcher totalement : rock, rap, techno… Ils veulent juste de la bonne musique et de l’émotion, sans barrières, et ils nous surprennent toujours par leur enthousiasme et leur curiosité.

Avec « Rétropolis », vous proposez une fiction scénique inspirée de Metropolis. Est-ce une manière d’aborder la complexité du monde d’aujourd’hui ?
Tout à fait. Rétropolis est une cité bétonnée, sous dictature, où les adultes sont enfermés dans le « métro-boulot-dodo » et ne remarquent pas que les enfants ont disparu. Ces derniers mènent une résistance et essaient de reverdir la ville. On pointe aussi l’absurdité du quotidien et le côté égotique du politicien. Les enfants vivent la bascule d’un monde hostile vers quelque chose de joyeux, tandis que les parents peuvent réfléchir aux messages sociaux et écologiques. C’est un spectacle qui fonctionne sur plusieurs niveaux, et chacun peut y trouver quelque chose à observer ou à ressentir.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre humour, poésie et étrangeté et que voulez-vous que le public retienne de « Rétropolis » ?
C’est l’expérience. Avec Gallimard Jeunesse, on structure le récit et les chansons pour être poétiques sans perdre la clarté. À chaque spectacle, on déconstruit et reconstruit, un peu comme des Legos : on monte une tour, on est fiers, et puis on la détruit pour créer mieux. Je veux surtout que le public reparte avec l’énergie et le plaisir de voyager pendant une heure quinze. La « rétro-danse » finale réunit enfants et parents, et l’émotion qu’ils gardent, plus que le message, est ce qui compte vraiment. On est des humanistes : partager de la joie, de l’énergie et de l’émerveillement, c’est notre moteur.
Julie Louis Delage