Musique

Christophe dal sasso – Coltrane grand format.

Africa Brass revisited le 23 octobre et A Love Supreme revisited, le 24 octobre au Théâtre Denis à Hyères

Flutiste, arrangeur et compositeur, directeur du Festival Jazz à La Londe, arrangeur et chef d’orchestre pour les Victoires du Jazz, le varois Christophe Dal Sasso est aussi passionné du saxophoniste John Coltrane. Il lui a consacré deux albums « A love supreme revisited » et « Africa/Brass revisited » arrangés pour son Big Band, qu’il jouera au Théâtre Denis.

Quelle place occupe Coltrane, don on fête le cententaire de la naissance, dans l’histoire du jazz et qu’est-ce qui te relie à lui ?
C’est un des derniers musiciens à avoir véritablement révolutionné l’histoire du jazz. Je reste profondément inspiré par ce qu’il a joué. Ce qui me relie particulièrement à lui, c’est la musique modale, qui existe depuis longtemps. Messiaen avait notamment travaillé sur les modes, puis Miles Davis les a intégrés au jazz. Ils sont notamment basés sur des modes ecclésiastiques, issus de traditions très anciennes, dont les musiciens de jazz se sont emparés pour donner davantage de liberté à l’improvisation. C’est cette volonté de casser les codes qui me plaît et que je travaille moi-même dans différents univers, du classique au jazz. J’ai aussi eu la chance de rencontrer le multi-instrumentiste Yusef Lateef, grand ami de John Coltrane.

Est-ce que tu peux nous parler de ces albums de Coltrane que tu as choisis de revisiter pour Big Band ?
« A Love Supreme revisited » est né à une époque où j’étais complètement plongé dans la musique modale. J’écoutais Coltrane en permanence, et beaucoup de musique classique. L’album original de Coltrane est construit sur le modèle d’une symphonie en quatre mouvements, autour de modes avec des tempos et des ambiances qui évoluent au fil des mouvements. « Africa/Brass » remonte aux origines africaines de la musique jazz. Il est déjà écrit pour un Big Band donc c’était plus facile à revisiter. Il comprend des compositions et des standards comme  » Greensleeves » ou « African Railroad » qui sont transformés et abordés sous un angle modal. « Crescent revisited » viendra compléter la trilogie. « Crescent » est sorti avant « Africa/Brass » et « A Love Supreme » et annonce déjà l’évolution musicale de Coltrane, avec un mélange de formes traditionnelles et de formes plus libres et modales, ainsi que quelques standards.

Comment as-tu travaillé les arrangements pour votre formation ?
Il s’agit d’un mini Big Band avec deux trompettes, deux trombones, quatre saxophones, une flûte et une section rythmique. Parmi les saxophonistes, il y a notamment trois ténors, qui comptent parmi les meilleurs musiciens français, et un baryton. Mon travail consiste d’abord à respecter le texte de Coltrane et les couleurs apportées par son pianiste McCoy Tyner. Ensuite, je redistribue tout cela pour l’orchestre avec ma propre écriture. Je peux casser certaines formes, modifier les mélodies ou les rythmes, parce que nous ne sommes plus dans la même énergie ni dans le même contexte musical. Il est aussi essentiel que les musiciens se sentent libres et ne se sentent pas comparés à Coltrane. L’idée est de nous réapproprier cette musique, de la réinterpréter et de la rejouer autrement, tout en restant respectueux de l’original.

Que vont proposer ces deux soirées au Théâtre Denis ?
Nous jouerons « Africa/Brass revisited » le vendredi et « A Love Supreme revisited » le samedi. Pendant ces deux concerts, nous intégrerons également les morceaux du nouvel album « Crescent revisited » , que nous enregistrerons le dimanche en conditions live. La soirée du vendredi est portée par Jazz à La Londe et le samedi par Jazz à Porquerolles, et si vous achetez une place pour les deux soirées, vous repartirez gratuitement avec les deux disques..
Fabrice Lo Piccolo

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