Cie Akoreacro – L’histoire de l’humanité réinventée.
« Ostinato » du 13 au 22 mars au Chapiteau de la Mer à La Seyne-sur-Mer
Du 13 au 22 mars, la Compagnie Akoreacro investit le Chapiteau de la Mer avec « Ostinato », sa nouvelle création. Treize artistes — acrobates et musiciens — y déploient une fresque spectaculaire et musicale qui retrace, en 1h10, l’épopée de l’humanité. Entretien avec Jean-Francois Pyka, Responsable de production de la compagnie. Un spectacle proposé par Le Pôle, Arts en circulation.
« Ostinato » est votre toute dernière création, à quoi peut s’attendre le public seynois ?
Le spectacle est né en juillet 2025. Sur la piste, sous notre chapiteau circulaire, treize artistes se relaient : neuf acrobates et quatre musiciens en live, dont une acrobate également musicienne. Depuis la création de la compagnie, notre marque de fabrique est de faire corps entre l’acrobatie et la musique. Ici, la musique n’accompagne pas, elle impulse, elle dialogue, elle respire avec le mouvement. Nous cherchons une forme très performative, mais toujours portée par l’énergie du live et par le collectif.
Pourquoi ce titre, « Ostinato » ?
En italien, ostinato signifie l’obstination. En musique, c’est un motif qui se répète inlassablement, avec de légères variations. Ce terme résume bien notre propos. Le spectacle raconte, en 1h10, une grande fresque de l’humanité, de la préhistoire jusqu’au voyage sur la Lune. L’être humain avance, recommence, chute, se relève, invente, persévère. Cette idée de répétition et de transformation permanente traverse toute la création. Avec Alexandre Markoff, notre metteur en scène venu du théâtre, nous avons voulu une narration simple et universelle, capable d’embarquer tous les publics, sans discours appuyé, uniquement par la force des corps et de la musique.
La musique est-elle entièrement jouée en direct ?
Oui, absolument. Les quatre musiciens sont au cœur du spectacle. Ils ne sont pas en retrait : ils partagent la piste, interagissent avec les acrobates et participent à la dramaturgie. Tout est joué en live, ce qui crée une tension et une liberté particulières. Chaque représentation est vivante, légèrement différente. L’acrobatie devient presque un instrument supplémentaire, tandis que la musique devient un partenaire physique. Cette fusion est essentielle pour nous : elle donne au spectacle son souffle et son rythme.
Vous créez exclusivement sous chapiteau. Pourquoi ce choix ?
Nous concevons nos spectacles pour une piste circulaire, et cela change tout. Le public entoure la scène : l’artiste est au centre, exposé, sans échappatoire possible. Cette proximité crée une intensité très forte. Sous chapiteau, il y a une sensation d’arène, de chaudron collectif. Les spectateurs se voient les uns les autres, partagent les réactions, les rires, les silences. C’est une expérience immersive et populaire, très différente d’un théâtre frontal. Nous sommes profondément attachés à cette forme.
En tournée, nous voyageons avec notre propre chapiteau, quinze caravanes, deux cuisiniers et même une maîtresse d’école. C’est une petite ville itinérante. Nous accordons beaucoup d’importance à la vie collective et au confort des artistes : bien vivre ensemble nourrit directement la qualité du spectacle.
Revenir à La Seyne-sur-Mer a-t-il une signification particulière pour vous ?
Oui, La Seyne-sur-Mer a accueilli toutes nos créations. Le site du Chapiteau de la Mer est remarquable, face à la Méditerranée. Le public varois nous suit fidèlement et vient découvrir chaque nouveau projet. C’est toujours un moment fort de retrouver ce territoire et de partager cette nouvelle aventure avec eux.
Grégory Rapuc