Musique

Dawa Salfati – Dawa Salfati rallume la lumière.

En concert le 19 septembre au Telegraphe à Toulon

Avec son nouveau projet « Incendies », Dawa Salfati revient au Telegraphe à Toulon pour une soirée entre concert et échange autour de la libération de la parole. Une nouvelle étape pour l’artiste, plus intime et engagée que jamais.

Vous me disiez l’an dernier, autour de « Tabou », que parler de sujets difficiles était une forme de libération. Avec « Incendies », avez-vous le sentiment d’être allée plus loin ?
Oui, clairement. Je suis allée plus en profondeur et j’ai posé des mots plus précis sur l’inceste, la transformation et la résilience. « Tabou » était peut-être moins complètement assumé. Avec « Incendies », je suis vraiment dans l’empouvoirement, dans le fait de prendre et trouver sa place, comme personne, femme et artiste. Les thématiques restent difficiles, mais j’ai l’impression d’apporter de la lumière, de montrer qu’il existe un chemin à travers l’obscurité. J’ai envie de tendre la main à celles et ceux qui en ont besoin : nous sommes tous concernés, directement ou par notre entourage. J’ai envie de prendre part à cet engagement.

Qu’est-ce qu’ »Incendies » raconte que vous n’étiez peut-être pas encore prête à raconter dans « Tabou » ? Et comment la musique accompagne-t-elle cette évolution ?
Le piano m’a beaucoup aidée. Ses résonances apportent une profondeur supplémentaire. Mais cette évolution est surtout liée à mon parcours. Deux ans se sont écoulés entre les deux projets. Mon chemin personnel a avancé, notamment avec le procès contre mon père, qui s’est achevé l’année dernière. Cela a forcément influencé ma créativité. Depuis le début, ma création évolue en parallèle de ma vie personnelle. Pour ce nouveau spectacle, je travaille aussi avec le pianiste Christophe Bazin, rencontré il y a plusieurs années. C’est quelqu’un de très sensible, qui comprend vraiment ce que je veux faire. Je resterai également seule à la guitare sur certaines dates : les chansons auront donc deux arrangements et des couleurs différentes.

Vous serez en résidence au Telegraphe avant un concert qui se prolongera par un échange avec l’association Les Ami(e)s de Romy. Quelle soirée souhaitez-vous construire ?
Nous allons passer deux ou trois jours en résidence avant le concert. L’album sort la veille : Toulon va vraiment accompagner la naissance du projet avant le départ en tournée. La soirée sera construite autour de la libération de la voix et de la parole, avec un circle song, le concert, puis l’échange avec Les Ami(e)s de Romy, que je suis heureuse de rencontrer. J’ai l’habitude des tables rondes et des cercles de parole. Après mes concerts, les gens viennent naturellement me parler, témoigner, échanger. Alors pourquoi ne pas vivre ce moment tous ensemble ? Je préfère d’ailleurs parler d’ »échange » plutôt que de « débat ».

Après Toulon, « Incendies » va prendre la route. Comment imaginez-vous cette nouvelle tournée ?
Nous allons parcourir une bonne partie de la France. Il y aura trois release parties, à Toulon, Paris et Bordeaux, puis notamment Marseille et Nantes. J’aime pouvoir jouer devant des publics très différents et adapter ce que je propose aux lieux et aux configurations. Selon les dates, je serai avec Christophe au piano ou seule à la guitare. Je tenais à conserver cette autonomie et à pouvoir continuer à jouer seule. Ce double arrangement permet aussi de faire vivre les chansons différemment. Il n’y a pas de frein à cette proposition : j’ai envie qu’elle puisse aller partout.

Grégory Rapuc