Gérald Laïk-Lerda – Un festival d’excellence ouvert à tous.
Hors-série La Vague Classique 2026
Du 23 mai au 20 septembre, la Vague Classique fera vibrer Six Fours entre mer et jardins. Son programmateur, Gérald Laïk -Lerda, défend une vision exigeante et accessible de la musique classique, où grands noms et jeunes talents partagent la scène dans des lieux d’exception.
Qu’est-ce qui fait la particularité du festival ?
D’abord les lieux. La Vague Classique se déploie essentiellement en extérieur, dans cinq sites emblématiques, au cœur d’un environnement préservé. Entre cour d’honneur et jardins remarquables, le cadre est unique. Les artistes eux-mêmes le disent souvent : ce rapport direct à la nature influence leur jeu. On entend le chant des oiseaux, les cigales, et au Brusc, le clapotis de la mer, c’est assez inspirant. Par ailleurs, notre ADN est excellence, jeunesse et accessibilité. Nous invitons des artistes reconnus tout en ouvrant la scène à de jeunes talents. Il est essentiel de leur donner des opportunités. Nous défendons aussi des tarifs très accessibles : toute la saison (vingt-huit concerts) est proposée à deux-cent-dix euros ! L’idée est de casser l’image d’une musique réservée à une élite. Le public peut en outre rencontrer les artistes, ce qui crée un vrai lien.
Le partenariat avec la Fondation Gautier Capuçon est central… Dès sa création, nous avons souhaité nous engager en faveur des jeunes artistes, et Gautier Capuçon a accepté d’être le parrain du festival. Ce partenariat nous permet d’accueillir des lauréats de sa fondation, notamment à la Maison du Cygne, à la Maison du Patrimoine et au Parc de la Méditerranée avec Gautier Capuçon et les Capucelli le 27 août pour un concert gratuit et en entrée libre. Nous allons également à la rencontre des publics qui ne peuvent pas se déplacer, notamment dans les maisons de retraite. Des conférences et des concerts en centre ville complètent ce dispositif, pour toucher à la fois les habitants et les touristes. Nous travaillons aussi avec l’Académie Jaroussky… Philippe Jaroussky ouvre la saison et nous accueillons aussi de jeunes artistes issus de son académie. En parallèle, nous menons des actions pédagogiques auprès des écoles et des centres aérés. Le renouvellement des publics est un enjeu majeur pour le festival mais plus globalement pour toutes les maisons.
Quels temps forts attendez-vous cette année ?
J’apprécie tous les artistes, c’est pour cela que je les programme. Bien sûr, la venue de Gautier Capuçon est toujours un moment très attendu, tout comme l’ouverture avec Philippe Jaroussky. Parmi les temps forts, je citerais aussi Ryan Wang, qui revient cette année, Nicolai Lugansky, Arielle Beck, ou encore Renaud Capuçon dans « Le Carnaval des animaux ». Nous accueillerons également Xavier de Maistre, enfant prodige toulonnais à la harpe, avec Lambert Wilson en récitant. Le Quatuor Modigliani, à la Collégiale, promet d’être aussi un grand moment : c’est l’un des meilleurs quatuors au monde. Et je n’oublie pas les jeunes talents de l’automne, notamment Justus Freidrich Eichhorn, qui a seulement dix-sept ans et qu’il ne faut absolument pas manquer. Enfin, le festival se clôturera avec le Trio Goldberg, composé de grands solistes de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, concert encore une fois gratuit sur inscriptions. Et je tiens à le rappeler : ce n’est pas parce que certains concerts sont gratuits que la qualité est moindre. Bien au contraire. La musique classique n’est pas réservée à une élite. Il n’y a pas de déterminisme culturel. Nous avons un devoir collectif de rendre la culture accessible à tous, et les collectivités ont un rôle social essentiel à jouer dans ce domaine.
Fabrice Lo Piccolo