Tanguy de Williencourt – Un voyage au cœur de Beethoven.

Hors-Série La Vague Classique 2026

Le 29 Mai 2026 à la Maison du Cygne

À l’occasion de sa venue au festival La Vague Classique à Six-Fours, le pianiste Tanguy de Williencourt propose un récital entièrement consacré aux sonates de Ludwig van Beethoven. Entre œuvres de jeunesse et pages de maturité, il dessine un parcours musical traversant toute la vie du compositeur.

Votre récital est entièrement consacré à Beethoven. Qu’est-ce qui vous a donné envie de construire ce programme ?
Ce projet s’inscrit dans une perspective particulière, puisque l’année 2027 marquera le bicentenaire de la mort de Ludwig van Beethoven. Je suis actuellement en train d’enregistrer une intégrale de ses sonates pour piano, et ce travail en studio nourrit naturellement mon envie de les présenter en concert.
Ce programme permet surtout de montrer l’évolution de son écriture, depuis ses débuts jusqu’à ses œuvres de maturité. En première partie, je joue deux sonates de jeunesse, composées lorsqu’il avait vingt-six ou vingt-sept ans, à son arrivée à Vienne. On y découvre un Beethoven déjà très affirmé, avec beaucoup de tempérament et une grande virtuosité.
En seconde partie, j’interprète deux de ses dernières sonates, les opus 109 et 110, qui comptent parmi ses chefs-d’œuvre. Ce sont des œuvres profondément tournées vers le romantisme, déjà imprégnées de l’esthétique du XIXe siècle. L’idée est vraiment de dessiner cet arc entre la jeunesse et la maturité.

Comment aborde-t-on Beethoven aujourd’hui ? Votre interprétation a-t-elle évolué avec le temps ?
Ce qui est fascinant chez Beethoven, c’est l’évolution constante de son écriture, d’une sonate à l’autre. Il a profondément transformé le langage pianistique, à une époque où l’instrument lui-même était en pleine évolution. Il explore de nouvelles possibilités : l’usage de la pédale, les contrastes entre les registres graves et aigus, les audaces harmoniques… Il repousse les limites de la sonate classique héritée de Mozart et de Haydn. C’est pour cela qu’on le considère comme une figure de transition entre le classicisme et le romantisme. Ses sonates sont en quelque sorte un laboratoire où il expérimente sans cesse de nouvelles formes d’expression.

Vous allez jouer à la Maison du Cygne, dans un cadre assez intime et en plein air. Est-ce que ce type de lieu influence votre manière de jouer ?
Oui, bien sûr. Les concerts en plein air ont leurs spécificités, notamment sur le plan acoustique. Il faut trouver un équilibre sonore qui permette d’atteindre tous les auditeurs. Mais ce sont aussi des lieux extrêmement inspirants. L’environnement, souvent très beau, stimule l’imaginaire et influence la manière de transmettre la musique. J’ai déjà eu l’occasion de jouer dans des cadres similaires, comme à La Roque d’Anthéron ou dans des jardins sur la Côte d’Azur, et ce sont toujours des expériences très fortes. L’atmosphère estivale contribue aussi à créer un moment particulier avec le public. Je suis très heureux de découvrir la Maison du Cygne, dont on m’a beaucoup parlé.

Que représente pour vous votre participation au festival La Vague Classique ? Et connaissez-vous la région ?
Ce sera ma première venue à Six-Fours, et je m’en réjouis beaucoup. En revanche, je connais un peu la région, car j’ai passé une partie de mon enfance près de Saint-Tropez, où vivaient mes grands-parents. Revenir dans cette atmosphère est toujours très émouvant, presque comme une madeleine de Proust. C’est une région magnifique, et je suis très heureux d’y revenir pour partager cette musique avec le public.
Grégory Rapuc