Karim Adouane – Un bon court métrage commence toujours par une histoire.
Hors-Série Cinéma en Liberté 2026
Vice-président délégué au numérique et à l’innovation pédagogique à l’Université de Toulon, enseignant en audiovisuel et responsable de formations dédiées à l’image et au son, Karim Adouane accompagne depuis plusieurs années Cinéma en Liberté. Entre passion pour la création, transmission aux étudiants et travail technique dans l’ombre du festival, il revient sur son engagement.
Karim, quel est ton rôle au sein de l’université ?
J’ai plusieurs casquettes. Je suis vice-président délégué au numérique et à l’innovation pédagogique, avec une responsabilité autour de Télomédia, un pôle de création qui accompagne les projets et la création audiovisuelle. Mon rôle est aussi de porter la voix des industries culturelles et créatives au sein de l’université pour leur permettre de rayonner à l’échelle du territoire, de la région et même de l’espace méditerranéen. Je suis également enseignant en audiovisuel. Je travaille avec les étudiants sur la prise de vue, le montage vidéo et tout ce qui touche aux plateaux de tournage. Aujourd’hui, nous développons aussi la production virtuelle avec l’utilisation d’un mur LED comme outil de fabrication cinématographique. Je suis responsable de la licence professionnelle TSI – Techniques Son et Image, option Production Audiovisuelle, au département MMI de l’IUT, nous avons aussi un parcours davantage orienté vers le son, porté par Ingémédia. Nous recrutons des profils venant de toute la France, souvent issus de BTS, avec une vraie sensibilité artistique et cinéma.
Quelle relation entretiens-tu avec le festival Cinéma en Liberté ?
Je ne sais plus exactement quand nous avons commencé, mais je dirais autour de 2016. Depuis, je travaille avec Lisa sur le festival. À travers ma formation et mon enseignement, j’ai toujours aimé la fiction et le court métrage. Ce qui me plaît, c’est de confronter le public à des œuvres et de leur permettre d’être diffusées sur grand écran. Voir les émotions des spectateurs, entendre les rires, ressentir les réactions : c’est ce partage qui m’intéresse. Et puis il y a le cadre. La Tour Royale est sans doute l’un des plus beaux endroits de Toulon pour projeter des films. J’apprécie aussi beaucoup la personnalité de Lisa, son engagement et l’énergie qu’elle déploie pour faire vivre ce festival. Concrètement, je récupère les films une fois la sélection effectuée. Nous les recevons en DCP et, lorsqu’ils ne sont pas dans ce format, je les adapte. Nous ajoutons aussi les sous-titres français lorsqu’ils n’existent pas encore. Je m’occupe également du montage des introductions, des transitions et de toute la partie technique autour des projections.
Qu’est-ce que t’inspire l’art du court métrage ?
J’aime beaucoup ce format. D’un point de vue pédagogique, il permet aux étudiants de se concentrer sur la fiction, d’expérimenter, de pratiquer et de proposer une œuvre finalisée. Dans les festivals, ce que j’apprécie particulièrement, c’est la diversité. Sur deux ou trois jours, on peut découvrir une cinquantaine de courts métrages très différents. Ce sont des moments courts mais intenses, qui permettent d’explorer énormément d’univers en peu de temps.
Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon court métrage ?
Pour moi, tout commence par le scénario. Ensuite, il peut y avoir une esthétique très travaillée, une grande maîtrise technique ou une belle mise en scène, mais si l’histoire n’est pas suffisamment construite, cela ne fonctionne pas. On peut voir des films techniquement très réussis mais qui manquent d’âme ou de récit. À l’inverse, une bonne histoire même avec des défauts techniques peut faire un bon film. Le scénario reste la base de tout.
Fabrice Lo Piccolo