Michel Estades – Un siècle de figuration à la Galerie Estades.
Exposition d’été: Maîtres provençaux moderne et contemporains du 11 juillet au 26 septembre à la Galerie Estades à Toulon – Tableau de François Nardi
Pour son exposition d’été la Galerie Estades à Toulon présente « Maîtres provençaux modernes et contemporains », une exposition collective réunissant les grandes signatures qui ont façonné l’identité de la galerie. Michel Estades, le créateur de la galerie nous en dit plus.
Michel Estades, vous êtes créateur de la Galerie Estades qui propose une nouvelle exposition estivale. Quel en est l’esprit ?
Il s’agit d’un florilège d’artistes emblématiques qui ont marqué l’histoire de la galerie depuis son installation à Toulon, en 1990. C’est une grande exposition collective consacrée à la figuration, avec des œuvres majeures couvrant plus d’un siècle de création. Le public pourra découvrir plusieurs huiles sur toile de Bernard Buffet, dont un exceptionnel bouquet de tournesols, mais aussi une rare aquarelle représentant Saint-Tropez, ainsi qu’une sélection de lithographies originales signées. La galerie présente plusieurs œuvres importantes de Claude Venard, peintre de renommée internationale qui a vécu à Sanary-sur-Mer. J’ai d’ailleurs été commissaire de l’exposition que lui a consacré le musée Couty à Lyon en début d’année 2025. Nous restons fidèles à l’ADN de la galerie avec les grands maîtres provençaux des XIXe et XXe siècles. Une magnifique toile de François Nardi représentant un paysage du littoral varois en témoigne. Les peintres emblématiques de l’École de Toulon sont également présents, comme Baboulène, Sardi, Astoin ou encore Jean-Pierre Maltèse, que je considère comme l’un des plus grands coloristes. L’exposition rassemble aussi des œuvres de Thierry Loulé, grand peintre expressionniste, d’Yves Brayer avec deux paysages emblématiques des Baux-de-Provence, de Stéphane Gisclard et de nombreux autres artistes tels qu’Ambrogiani, Irina Biatturi ou encore Fassianos, l’un des plus grands artistes grecs contemporains. Nous présentons aussi les œuvres de deux jeunes artistes prometteurs, Wone et Timothée Bocage. La sculpture occupe également une place importante avec des bronzes de Bassompierre, Sylvie Mangaud, Damien Colcombet, Marine de Zoos, Chantal Porras ou encore Boris Campistron.
Comment choisissez-vous les artistes que vous représentez ?
Je suis avant tout un amateur d’art, et je vais naturellement vers ce que j’aime. Une galerie, c’est une communauté de goûts. Je revendique une certaine forme d’éclectisme. J’expose majoritairement des artistes figuratifs, mais j’ai aussi montré des œuvres abstraites, notamment celles de Georges Mathieu ou d’Hans Hartung. Pour moi, l’art est avant tout une liberté. Tout ce qui constitue l’ADN de la galerie est toujours présent : les peintres provençaux, les artistes lyonnais, la sculpture, les céramiques de Longwy… Une galerie implique forcément des choix. J’expose Thierry Loulé parce qu’il n’existe personne comme lui. Tous les grands artistes que j’ai rencontrés vivaient exclusivement pour leur art. Bernard Buffet peignait chaque matin ; lorsqu’il n’a plus été capable de le faire, il a choisi de mettre fin à ses jours. Cette exigence force le respect.
La dimension locale compte également pour vous ?
Oui, énormément. Je suis né ici, de parents toulonnais, et mon attachement à Toulon est essentiel. J’ai toujours eu à cœur de participer à la vie artistique du territoire. J’ai prêté de nombreuses œuvres au Musée de Toulon et, chaque année, nous organisons en septembre une exposition au château de Solliès-Pont. Je considère qu’une galerie doit aussi contribuer à l’animation culturelle de sa ville. C’est une mission qui me tient particulièrement à cœur.
Fabrice Lo Piccolo