Paolo Zanzu – Dialogue avec Bach.
Hors-Série La Vague Classique 2026
Le 16 juillet à La Collégiale Saint-Pierre
Pour le festival La Vague Classique à Six-Fours, le claveciniste Paolo Zanzu interprète l’une des œuvres les plus emblématiques du répertoire baroque : les Variations Goldberg de Bach. Entre fidélité aux instruments anciens et regard résolument contemporain, l’artiste propose une lecture sensible et habitée de cette partition monumentale.
À l’occasion de votre venue au festival La Vague Classique à Six-Fours, vous allez interpréter « Les Variations Goldberg » de Bach. Qu’est-ce qui vous a amené à choisir cette œuvre, et que représente-t-elle pour vous ?
« Les Variations Goldberg » constituent à la fois un aboutissement dans la littérature pour clavecin du XVIIIe siècle et, plus largement, dans l’œuvre de Bach. Pour un claveciniste, c’est une pièce incontournable : une œuvre extrêmement élaborée, complexe, mais aussi très connue. S’y confronter fait presque partie du parcours. Je les joue depuis longtemps, et je les ai également enregistrées en 2020. C’est une œuvre qui m’accompagne au fil du temps, même lorsque je ne la travaille pas directement. Certaines variations, ou même l’aria initiale, restent toujours présentes à l’esprit. Ce n’est pas une obsession, mais plutôt une présence familière, comme un compagnon de route.
Vous êtes claveciniste mais aussi pianofortiste. Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré vers les instruments anciens ?
J’ai grandi dans un environnement lié à l’histoire de l’art, avec un contact très direct à la matière ancienne, notamment dans des ateliers de restauration. Cela m’a marqué très tôt. Lorsque j’ai découvert le clavecin, alors que j’étais déjà pianiste et violoniste, j’ai retrouvé cette sensation : celle de faire revivre une matière ancienne à travers des sons d’aujourd’hui. C’est comparable au fait de regarder un tableau ancien et de le percevoir dans le présent. Ce qui m’a aussi attiré, c’est la diversité des pratiques : jouer en soliste, faire de la musique de chambre, diriger, enseigner… Les instruments anciens offrent une grande liberté artistique.
Le festival La Vague Classique se déroule dans un cadre assez intime. Est-ce que cela influence votre manière de jouer ?
Oui, absolument. Le lieu et le contexte influencent toujours l’interprétation. Dans un cadre comme celui de Six-Fours, il y a une proximité avec le public qui change la perception de la musique. Le clavecin est un instrument qui se prête particulièrement bien à cette intimité. On peut aller vers des nuances très fines, une écoute plus directe. Cela crée une forme de dialogue, presque une conversation musicale avec le public.
Que représente pour vous cette invitation au festival La Vague Classique ?
C’est toujours très précieux de participer à un festival qui met en valeur la musique classique dans un cadre accessible et vivant. Il y a une dimension de rencontre, avec le public mais aussi avec le lieu. J’apprécie particulièrement ces contextes où la musique sort des grandes salles habituelles pour s’inscrire dans un environnement patrimonial. Cela donne une autre écoute, plus attentive, plus sensible.
Quel conseil donneriez-vous à un public qui découvrirait peut-être le clavecin ou cette œuvre pour la première fois ?
Je dirais simplement d’écouter sans chercher à tout comprendre. « Les Variations Goldberg » peuvent sembler impressionnantes, mais elles sont aussi très variées et pleines de contrastes. Il suffit de se laisser porter par les différentes atmosphères, les caractères, les émotions. C’est une musique qui parle d’elle-même, à condition de lui laisser un peu d’espace.
Grégory Rapuc