Paroles d’équipe et de festivaliers

Claudine et Roselyne, les nounous du festival.

Délivrées du travail professionnel par l’arrivée du temps « de la retraite » nous avons répondu positivement à l’appel de Laurence, coordinatrice du festival, en devenant bénévoles. Accompagner un festival qui nous invitait à redécouvrir le cinéma muet en concerts itinérants (une salle, une ville par jour) dans le département du Var, fut pour nous un challenge à relever, compte tenu de notre curiosité toujours en éveil.
Dès lors, de 2005 à ce jour, chaque année, nous quittons notre région pour apporter notre aide à des tâches diverses, de l’intendance des musiciens (chaque jour différents), de la diffusion, de la communication, du mailing, des confections diverses, de la billetterie, des courses, des repas, de l’accueil du public. Tâches qui, au fur et à mesure des années… Seize !… Voici le temps de penser au renouvellement de notre tandem !
Nous y avons toujours une bonne place, bien que plus légère… Luc et Laurence aimeraient, nous osons le penser, garder encore un peu… « les Nounous »… toujours prêtes à être… émerveillées par les perles révélées par les programmations… et toujours prêtes à être… « petites mains » !…

Lauriane.

2006, Luc Benito dans son éventail d’activités est aussi professeur à la fac d’Aix, et mon tuteur de stage. Il a besoin d’une stagiaire pour le FiMé #2. Une structure toute neuve, humaine et pleine de motivation. Banco ! Deux mois dans notre petit bureau au Théâtre Marelios, en tête à tête avec Laurence Recchia, qui crée le festival avec Luc Benito. Du boulot, du boulot mais que de bons moments. Et me voilà embarquée dans la grande famille du FiMé. Et seize ans après je ne l’ai toujours pas quittée. Toujours ravie de partager des repas avec la belle Laurence et de pouvoir donner un coup de main sur l’événement. Dès que je peux, je viens, pour vous accueillir avec le sourire et de jolis dépliants, mais surtout pour assister à ce super moment culturel. J’ai même donné le goût à mon fils. Alors si vous voyez un petit blond vous distribuer le programme cette année, sachez qu’il ADORE les ciné-concerts et attend le FiMé avec impatience… Le muet en musique a encore de belles années devant lui, la relève est assurée !

Florence.

J’ai rencontré le FiMé en 2010, à mon arrivée dans l’aire toulonnaise. J’ai eu un coup de foudre. Pour l’affiche déjà, qui m’a fait de l’œil : de la troisième à la douzième édition, les visuels du festival présentaient des instruments steam-punk avant l’heure, sur lesquels était plaqué un œil évocateur. J’ai aimé aussi la qualité de la programmation, qui n’avait rien à envier à la grande ville d’où je venais, exigeante et audacieuse à la fois. J’ai adoré, au cours des séances, découvrir les villes de TPM par leur cinéma ; je connaissais celui de Toulon, mais j’ai été conduite à explorer aussi Saint-Mandrier, La Garde, La Valette, Ollioules, Hyères, Le Revest… Dernier coup de cœur mais non le moindre, celui que j’ai ressenti pour les deux pilotes du projet : Luc Benito qui est la personne que je préfère entendre parler d’un film, parce qu’il est drôle et captivant à la fois et Laurence Recchia, pleine de professionnalisme et de dignité, toujours à l’écoute des festivaliers. Je vous aime.

Idawa.

« Quand il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. » Nosferatu (F.W. Murnau)

Cinématographique déjà, en diagonale, élégamment posé, un chapeau noir, visage clair-obscur, Laurence Recchia apparaît. De sa voix flûtée, elle présente la séance. Le silence se fait, l’obscurité. Excitation de l’attente… L’innocence retrouvée du cinéma des origines, piano au pied de l’écran. Et comme un vieux film de famille, vu et revu ensemble, que l’on croit connaître, ils resurgissent : les burlesques, l’éternel vagabond, les vaudevilles, les mélodrames, teint blafard, yeux charbonneux, Pierrot lunaire ou marlou, vamps, chien andalou, villes mécaniques et soulèvements, zombies, rythmes graphiques, vampire errant… Dans l’ombre les musiciens, résonance, dissonance, cadence.
Ils nous accompagnent, et l’on rejoint le fantôme de l’Opéra ou celui de Pierre Henry, venu un soir de FiMé, symphonie d’une grande ville, nous dévoiler qu’au-delà du film, lumières rallumées, brouhaha, la séance continuait, là dans la rue, dans la nuit, oreilles aux aguets.