Stéphane Correa – Vingt ans de cinéma et de rencontres au pied du rocher de Cotignac.
Festival Les Toiles du Sud du 17 juillet au 18 août à Cotignac
Le festival Les Toiles du Sud célèbre sa vingtième édition au Théâtre du Rocher à Cotignac et dans plusieurs lieux partenaires. Entre avant-premières, films de Cannes, concerts et invités prestigieux, son fondateur Stéphane Correa revient sur une aventure devenue un rendez-vous incontournable du cinéma en plein air.
Le festival fête sa vingtième édition cette année. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Beaucoup de joie et d’émotion. Je n’imaginais pas, au départ, que nous pourrions atteindre une vingtième édition. C’est une vraie fierté. Aujourd’hui, le festival raconte une histoire. Il a laissé des traces dans la mémoire collective et appartient à tout le monde. C’est sans doute ce qui compte le plus.
Au cours des années, avec la complicité de mon ami Luc Benito, nous avons testé plusieurs formules : des soirées mêlant cinéma et musique, des tremplins pour des groupes de la région… Peu à peu, le festival s’est structuré autour des avant-premières et d’une programmation ambitieuse. Il a grandi en budget, en organisation, tout en gardant son ADN : le lien entre musique et cinéma, et la place forte des avant-premières. J’ai de nombreux souvenirs marquants. Des rencontres fortes avec des invités comme Michael Lonsdale pour « Des hommes et des dieux » devant près de quatre-cent personnes ; Agnès Jaoui qui présente « Parlez-moi de la pluie » tout juste revenue du Brésil où elle a adopté ses enfants ; ou Jean-Pierre Bacri… Nous avons accueilli plus d’une trentaine d’invités professionnels du cinéma au fil des années, ainsi que des concerts avec quarante musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon en partenariat avec le FiMé. Il y a aussi des moments plus singuliers, comme la redécouverte de « 2001, l’Odyssée de l’espace », accompagnée d’une mise en scène autour du monolithe sur le plateau. Ou encore des propositions mêlant danse, musique et cinéma.
Le lieu joue un rôle essentiel dans l’identité du festival…
Oui, c’est un véritable coup de cœur. Le Théâtre du Rocher, au pied du rocher de Cotignac, est un lieu exceptionnel, construit sur des ruines, avec une très belle acoustique. Le cinéma y prend une autre dimension : le rocher s’illumine derrière l’écran et il n’est pas rare de voir passer des grands ducs au-dessus de la scène. C’est un cadre unique, presque magique.
Que réserve la programmation de cette année ?
Nous aurons douze soirées au Théâtre du Rocher et trois hors-les-murs. Six avant-premières, une soirée dédiée aux films « Les Matins Merveilleux » soutenu par la Région Sud et tourné au Lavandou, à « Garance » et à « Fjord », palme d’or du Festival de Cannes, coproduits par France.TV. Sept films ont été présentés à Cannes : « La bataille De Gaulle : l’âge de fer », « Les Matins merveilleux », « Le Corset », « Les Caprices de l’Enfant roi », « Quelques mots d »amour », « Garance » et « Fjord ». Nous montrerons également « De la comédie française » et un ciné-concert avec Les Voix Animées : « Charlot, Octave et Bobine 2 ». Hors-les-murs, nous montrerons « Conclave » à l’Abbaye du Thoronet, « Arco » au Jardin du Théâtre du Val, et « Le Bleu du Caftan » au Centre d’Art Contemporain de Châteauvert. Nous aurons également une sélection de courts-métrages de l’École des Nouvelles Images. Enfin, un projet original : « Raconte-moi tes vingt ans », une série de portraits d’habitants de Cotignac réalisée par Anthony Magnoni. Et autre temps fort, en partenariat avec l’Hôtel Lou Calen, une soirée dédiée à Eric Idle, qui vit à Cotignac, et les Monty Python, où nous projetterons « Le Sens de la vie ». Il a écrit un ouvrage de mémoires et viendra le présenter et accompagner la projection.
Fabrice Lo Piccolo