Vincent Pompetti – Bâtisseur d’univers.

Festival de BD de Solliès-Ville les 22 et 23 août au Domaine de la Castille

Invité du Festival BD de Solliès-Ville, Vincent Pompetti est notamment le créateur du cycle « La Constellation des Forêts » ou de « Le Sage de l’Atlantide », parus chez notre éditeur de BD varois Tartamudo éditions, partenaire du festival. Le dessinateur développe depuis de nombreuses années une œuvre singulière, à la croisée de la peinture et de la bande dessinée. Entre récits historiques, mondes imaginaires et recherche picturale, il revient sur sa démarche artistique.

Votre dessin possède une dimension très picturale. Vous considérez-vous avant tout comme un auteur de bande dessinée ou comme un peintre qui raconte des histoires ?
Ce n’est pas une question facile, parce que les deux aspects sont intimement liés dans mon travail. Je pourrais dire que je suis un peintre qui fait de la bande dessinée, dans le sens où j’ai toujours cherché à apporter des techniques picturales, des ambiances et une recherche sur la couleur dans mes albums. Lorsque je réalise une planche, je prends beaucoup de plaisir à construire un récit, à travailler le cadrage, le rythme, la mise en scène. La bande dessinée possède une grammaire particulière qui me passionne tout autant que la peinture.

Votre œuvre nous entraîne aussi bien dans l’histoire que dans le fantastique. Existe-t-il un fil conducteur entre tous ces univers ?
Oui, je crois que ce qui relie tous ces projets, c’est le plaisir de construire des mondes. Lorsque je travaille sur un sujet historique, mon objectif est de reconstruire le plus fidèlement possible une époque. Je fais beaucoup de recherches pour m’approcher au plus près de ce que l’on sait historiquement. Finalement, lorsque je réalise un récit de science-fiction ou de fantasy, la démarche est assez similaire. Qu’il s’agisse de revisiter le passé ou d’imaginer des civilisations fictives, il y a toujours cette volonté de créer un monde crédible.

Votre travail est parfois rapproché de celui de grands auteurs comme Hugo Pratt ou Sergio Toppi. Comment recevez-vous ces comparaisons ?
Sergio Toppi est un auteur que j’admire énormément. Je l’ai découvert assez jeune et j’ai toujours été fasciné par sa liberté graphique et sa manière de composer l’espace dans une planche. Son travail peut certainement m’influencer, notamment dans la recherche de certaines compositions. J’aime également beaucoup Hugo Pratt. Je ne me suis jamais inspiré consciemment de lui, mais il est possible qu’on retrouve dans mon travail une certaine dimension poétique ou un goût pour l’imaginaire qui lui doivent quelque chose.

Vous alternez entre projets personnels et collaborations avec des scénaristes, notamment Tarek. Qu’est-ce qui change dans votre manière de travailler ?
Lorsque je collabore avec un scénariste, je peux me concentrer davantage sur la mise en images. Le récit existe déjà et il faut lui donner vie graphiquement. À l’inverse, réaliser un album seul offre une liberté totale. Je peux choisir chaque aspect du projet, du scénario jusqu’à l’ambiance graphique. Mais cette liberté s’accompagne aussi d’une plus grande responsabilité et d’un certain stress. Cela demande beaucoup de discipline, car on porte l’ensemble du projet sur ses épaules.

Vous serez présent au Festival de BD de Solliès-Ville cet été. Que représentent pour vous ces rencontres avec le public ?
La bande dessinée reste un métier assez solitaire et nous avons finalement peu d’occasions d’échanger directement avec les lecteurs. J’apprécie énormément ces rencontres parce qu’elles permettent de recueillir des réactions spontanées, d’entendre ce que les albums ont pu provoquer chez les gens. Ce contact direct est très vivant et très stimulant. J’ai toujours beaucoup de plaisir à partager autour de mon travail, et je serai ravi de retrouver les lecteurs à Solliès-Ville cet été.

Grégory Rapuc