Ahamada Smis – Origines multiples.

“Origines“ au festival Les Printemps du monde, le 23 mai au Théâtre de verdure de Correns

Le festival Les Printemps du Monde, organisé par Le Chantier, qui offre un tour du monde des musiques et des patrimoines culturels immatériels de la planète, invite Ahamada Smis, musicien marseillais né aux Comores à présenter son concert pédagogique “Origines“, hautement conseillé pour petits et grands !

Tu es musicien marseillais, originaire des Comores, peux-tu nous parler de ton parcours de musicien ?
Alors, l’être humain est né aux Comores et est arrivé à Marseille à l’âge de dix ans ! Aux Comores, j’étais bercé par les musiques traditionnelles de mon archipel, qui rythment vraiment le quotidien, avec des influences africaines Bantou et arabo-persanes, mais aussi les particularités de l’insularité et du brassage culturel typique de l’océan Indien. Puis j’ai grandi à Marseille, où je me suis trouvé plongé dans la culture hip hop de la fin des années 80, et où je me suis lancé dans le rap. J’ai commencé à composer des musiques pour accompagner mon rap avec des machines (MAO), et fait partie du groupe “Le 3ème oeil“. En 2006, j’ai décidé de m’orienter vers les musiques traditionnelles de l’océan Indien et de les mélanger avec les musiques urbaines. Je suis alors parti réaliser mon album “Origines“ à travers des résidences de création à Zanzibar, Grande Comores ou Mayotte et avec une trentaine de musiciens. J’ai fait d’autres albums, mais “Origines“, sorti en 2013, a reçu le prix Coup de coeur de l’Académie Charles Cros, et représenté le tournant qui m’a amené à maîtriser les instruments de mon archipel et à pouvoir suivreplusieurs chemins.

Comment s’est fait le lien avec Le Chantier de Correns ?
Le Chantier me connait depuis longtemps, car bien que je vienne de la culture hip hop, “Origines“ m’a ouvert les portes des musiques traditionnelles et du monde. J’ai créé un spectacle jeune public à partir des contes et berceuses de mon archipel, ainsi qu’une performance “Le vaisseau voyageur“. Cette performance mêle joutes verbales venues du patrimoine immatériel comorien – datant du Moyen-âge et qui étaient utilisées par les guerriers qui se battaient non pas avec des armes mais avec des mots -certains éléments de la culture musulmane, mais aussi de la culture Soufi très présente aux Comores. On y découvre des chants religieux magnifiquement poétiques (Kassuda) et des danses de femmes parfaitement synchronisées (Deba), lentes et très belles. Cette grande création a beaucoup tourné, a été présentée à Correns et a contribué à ce que je sois maintenant reconnu dans l’univers des musiques traditionnelles et du monde.

La partie pédagogique de ton travail, est-ce une vocation ou un concours de circonstances ?
C’est une de mes vocations, la moitié de mon temps est consacré au travail avec des enfants. Mes créations culturelles “jeune public“ s’articulent autour du conte et de la musique et utilisent différents médiums, vidéos synchronisées, théâtre d’objets, de la marionnette, etc. C’est une commande pour un atelier dans une école qui m’a donné l’idée de ce concert pédagogique autour de l’album “Origines“ que nous donnerons à Correns au mois de mai. Les enfants y découvrent musiques et instruments de l’océan Indien, apprennent les rythmes et chantent avec nous comme un coeur d’anges…

As-tu de nouveaux projets ?
Il y en a plein ! La dernière création pluridisciplinaire qui tourne en ce moment, “À feu doux“, a pour thème le métissage universel. Travaillée avec un ethnopsychiatre, cette création jeune public part de l’idée que chaque être humain est une marmite unique relié à des mondes multiples, avec différents ingrédients, et le spectacle mélange théâtre, slam, musique et cuisine !

Weena Truscelli