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Bandit Bandit – Une dose de dopamine !
En concert le 6 novembre au Live à Toulon pour le festival Rade Side
Entre stoner, grunge et chanson française, le duo Bandit Bandit cultive un rock aussi puissant qu’intime. Après leur rupture Maëva Nicolas et Hugo Herleman ont choisi de réinventer leur manière de composer. Un nouvel album « Cavalcades – Ce que la nuit ne dit pas » est né de cette période de changement, entre zones d’ombre, émancipation et envie de se choisir. Un concert programmé par Tandem SMAC dans le cadre du festival Rade Side.
Votre musique mélange rock anglo-saxon et chanson française. Quelles sont vos principales influences ?
Hugo : Il y en a beaucoup et elles peuvent varier selon les albums. On retrouve des influences psyché et stoner, du grunge, des groupes comme The Kills, The White Stripes, Black Angels ou Queens of the Stone Age. Mais il y a aussi toute une culture de la chanson française, avec notamment Françoise Hardy ou Étienne Daho. Le fil rouge, c’est ce mélange entre un rock anglo-saxon assez brut et une écriture française.
Maëva : Au départ, on s’était même posé la question de chanter en français ou en anglais. On écrivait en anglais par pudeur. On avait aussi l’impression qu’en France, le rock avait longtemps été un territoire assez restreint. Il y avait Noir Désir, évidemment, mais on ne savait pas forcément ce qu’on pouvait faire avec la langue française dans le rock. Puis des groupes comme La Femme ou Grand Blanc nous ont montré qu’on pouvait vraiment faire ce qu’on voulait avec cette langue.
Après votre rupture, vous avez souhaité travailler avec Lionnel Buzac pour sortir ce nouvel album.
Hugo : On s’est toujours raconté en musique, de manière assez personnelle. La rupture a changé notre façon de travailler puisque nous n’habitions plus ensemble. Il y avait forcément de la douleur et de la complexité. Nous avons donc fait le choix de trouver une tierce personne pour nous accompagner.
Maëva : On avait besoin de sortir de nos automatismes de création et d’un changement artistique. Lionnel avait réalisé nos premiers EP et notre premier album, il nous connaissait très bien. Cette fois, nous avons travaillé avec lui pour la création des premières chansons. On est arrivé en studio sans rien. On s’est enfermé chez Lionnel et on a pris les instruments en se demandant simplement : « De quoi on a envie ? » On testait, on jouait, et quand quelque chose fonctionnait, on poursuivait.
Hugo : On peut partir d’un texte, d’un riff de guitare, d’une ligne mélodique. Parfois, on avait défini un sujet avant de commencer, ou tout partait d’une improvisation. C’était un vrai bouillonnement créatif. Parfois, en deux heures, quasiment tout était là.
Les textes abordent notamment l’avortement, la rupture et l’émancipation…
Maëva : On questionne beaucoup de choses, on se demande ce qu’on retire de ces dix dernières années, avec une envie d’embrasser ses zones d’ombre et d’être reconnaissants pour les zones de lumière. « Pour toi » est le premier texte que j’ai écrit après la rupture. « Opaline » parle de mon avortement. Dans « Seulement cette fois » que fait-on quand une situation ne nous nourrit plus ? En tout cas, il y a un message d’émancipation et d’amour envers soi-même dans cet album.
Hugo : Avec la trentaine, on se rend aussi compte de l’importance des personnes qui nous entourent, des proches qui sont présents sur le chemin d’une vie. Ce sont des sujets très personnels, mais qui peuvent aussi parler au commun des mortels.
Qu’est-ce que vous cherchez à transmettre lorsque vous êtes sur scène ?
Maëva : Pour moi, de manière assez égoïste, c’est une belle séance de psy ! Il y a un lâcher-prise qui s’effectue à chaque concert et qui nous fait un bien fou. Je chante des textes que j’aime énormément, dont certains vivent toujours en moi et résonnent encore dans mon présent.
Hugo : On pense beaucoup au live quand on écrit. On sait que c’est cathartique. Tu peux arriver avec un moral pas terrible et, après le concert, retrouver une énergie incroyable. Ça permet d’apaiser les tensions, avec une dose de dopamine assez dingue. C’est l’endroit où on se sent vraiment vivants. Bandit Bandit, c’est du live. Nous sommes quatre sur scène, avec toute une équipe autour de nous, notamment pour les lumières, les photos et les vidéos. L’équipe compte environ sept personnes. Nous travaillons aussi sur l’évolution de l’énergie tout au long du concert. Tout cela fait partie du spectacle.
Fabrice Lo Piccolo