Claudine d’Arco – Entre rires, émotions et découvertes.

Festival de théâtre à Sanary du 28 au 30 juillet au Théâtre Galli

Le Festival de théâtre de Sanary revient pour une sixième édition placée sous le signe de la diversité. Comédies populaires, créations contemporaines et pièces récompensées aux Molières composent une programmation pensée pour tous les publics. Rencontre avec Claudine D’Arco, directrice du Théâtre Galli et programmatrice du festival.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de lancer ce festival de théâtre au cœur de l’été sanaryen ?
Le festival existe depuis six ans maintenant. À l’origine, une société de production m’avait fait remarquer qu’il n’existait pas de rendez-vous théâtral estival à Sanary. Nous avons donc créé ce festival, mais la production n’a ensuite pas pu poursuivre l’aventure. J’ai alors proposé à la municipalité de reprendre le projet et de le faire vivre. Le succès a été immédiat et nous avons décidé de continuer à le développer, notamment en nous entourant d’un parrain prestigieux avec David Brécourt.

Quel est l’ADN du festival ?
L’idée est de varier les spectacles, faire découvrir des spectacles qui ne bénéficient pas toujours d’une grande notoriété et des œuvres reconnues. Nous proposons bien sûr des comédies et du théâtre de boulevard, parce qu’il existe une vraie demande et que le public aime rire, mais nous tenons également à programmer des pièces plus fortes ou plus engagées. L’an dernier, « Les Marchands d’étoiles », récompensé par plusieurs Molières, avait beaucoup marqué les spectateurs. Cette année encore, nous mettons en avant des créations et des spectacles qui méritent d’être découverts. Le festival fonctionne très bien et notre ambition est désormais de le faire grandir encore davantage.

Votre programmation oscille entre créations, comédies et spectacles primés aux Molières. Comment la construisez-vous ?
Principalement grâce au Festival d’Avignon. J’y passe beaucoup de temps chaque été pour découvrir les spectacles et rencontrer les compagnies. C’est une formidable vitrine qui nous permet de construire une programmation variée et exigeante.

Pouvez-vous nous présenter la programmation de cette édition ?
Nous ouvrirons le festival avec « Panique au ministère 2 », une comédie de Guillaume Mélanie et Jean Franco portée par Jennifer Lauret, Philippe Chevallier et Marie-Hélène Lentini. Le public pourra ensuite découvrir « Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port », une pièce intergénérationnelle et pleine d’émotion autour d’une famille venue disperser des cendres en mer. À travers ce voyage, un petit-fils découvre ses racines et l’histoire des siens. Autre rendez-vous attendu, « Un Caillou dans la chaussure », une comédie sur le couple qui rappelle avec humour qu’une séparation n’est jamais simple, surtout lorsque l’entourage décide de s’en mêler. Enfin, « Du charbon dans les veines » nous plongera dans le bassin minier de Nœux-les-Mines en 1958. Dans cette petite ville ouvrière, un habitant vient d’acheter une télévision et rêve de voir Raymond Kopa briller pendant la Coupe du monde. Écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre, la pièce s’inscrit dans la lignée de ses précédents succès comme « Le Petit Coiffeur ». Ce spectacle a reçu cinq Molières et ira ensuite jouer au festival de David Brécourt, les Théâtrales d’Eze.

Comment voyez-vous la place du théâtre dans notre société ?
Le théâtre reste un lieu de partage et d’émotion irremplaçable. J’aimerais pouvoir, dans les années à venir, installer une structure extérieure qui nous permettrait d’accueillir davantage de spectateurs tout en conservant cette proximité, cette atmosphère chaleureuse et presque cocooning qui fait l’identité du festival.

Fabrice Lo Piccolo