Florence Fournier – La noblesse de l’impro

7ème édition du Festival Impromed, du 13 au 15 août à La Seyne-sur-Mer

Pendant trois soirs, le Fort Balaguier devient l’écrin d’un théâtre qui s’invente sous les yeux du public. Pour sa septième édition, Impromed défend son identité à travers des formats originaux et des formes longues, loin des clichés du match d’impro. Florence Fournier raconte l’élan qui anime la troupe et le festival

La compagnie Impro2pro est à l’origine du Festival Impromed. Comment cette aventure est-elle née et comment la compagnie a-t-elle évolué depuis ?

Le festival est né directement de la compagnie, que j’ai fondée avec Myriam Tarhouni, alias Maïty. Au départ, nous étions deux, pleines d’enthousiasme, et nous avons lancé un festival international mêlant stages et spectacles. Après le COVID, nous avons repensé la formule pour arriver à ce format actuel, plus stable : trois soirées au Fort Balaguier. Aujourd’hui, Impro2pro compte une douzaine de membres, plusieurs professeurs, et un lieu dédié, Le Labo de l’Impro, où nous donnons des cours à l’année. La transmission fait vraiment partie de notre identité.

 

La programmation 2026 propose trois formes très différentes. Qu’est-ce qui guide vos choix artistiques et comment l’improvisation se renouvelle-t-elle d’un spectacle à l’autre ?

Chaque soirée a sa propre identité. Le jeudi, nous proposons un cabaret composé de solos, avec différents artistes et des univers très variés. Le vendredi, place à notre pièce improvisée, un format que nous développons depuis dix ans : une trame existe, mais chaque représentation devient une histoire totalement nouvelle. Et le samedi, le public mène l’enquête dans une expérience immersive au cœur du Fort Balaguier. L’improvisation se renouvelle naturellement : l’instant présent, l’énergie du groupe, l’actualité, tout influence ce qui se crée. C’est une liberté immense, une liberté d’expression et de création. Nous défendons surtout la longue forme, pour montrer que l’impro va bien au-delà du match.

 

Quel rôle joue le public dans vos spectacles d’improvisation ?

Il est essentiel. En impro, on ne contrôle pas tout : on demande souvent un point de départ ou une suggestion, et cela influence la pièce. Dans l’enquête immersive, le public devient même acteur de l’histoire. Cette interaction crée une énergie unique.

 

Le Fort Balaguier est devenu l’écrin naturel du festival. En quoi ce lieu influence-t-il votre travail et l’expérience du public ?

C’est un lieu magnifique, chargé d’histoire, très inspirant. Beaucoup d’entre nous y ont grandi, s’y sont promenés enfants. Le mettre en lumière et en vie pendant trois soirs, c’est un bonheur. Pour l’enquête immersive, il devient un véritable terrain de jeu : les spectateurs déambulent, interrogent les personnages, construisent leur propre version de l’histoire. Et nous tenons aussi à la convivialité : buvette, petite restauration, arrivée dès 19h30. On veut que les gens vivent une vraie soirée, pas seulement un spectacle.

 

L’improvisation semble gagner en reconnaissance. Comment voyez-vous son évolution et celle du festival dans les années à venir ?

Oui, les choses bougent. L’impro est entrée dans les programmes scolaires, et des institutions comme la Comédie-Française ont commencé à la défendre. Pour Impromed, le format actuel est solide, mais nous avons envie de continuer à évoluer : peut-être réintroduire des stages, retrouver la dimension de transmission de nos débuts, inviter de nouveaux artistes. Et pour cette septième édition, on espère du soleil, mais pas de canicule, et surtout un public curieux, prêt à découvrir l’impro sous toutes ses formes.

 

Julie Louis Delage